À l’ouverture de la conférence, Yasmin FOUAD, Secrétaire Exécutive de la CNULCD et Secrétaire Générale Adjointe des Nations Unies, a appelé les États et les différents acteurs engagés dans la lutte contre la dégradation des terres à privilégier des solutions concrètes et directement utiles aux populations. Pour la responsable onusienne, la restauration des terres doit désormais être considérée comme une question touchant simultanément l’environnement, l’économie et les conditions de vie. La dégradation des sols fragilise en effet les activités agricoles et pastorales, réduit les ressources disponibles et accentue les vulnérabilités des communautés qui dépendent directement des écosystèmes.
Le choix d’Oulan-Bator pour accueillir cette 17ᵉ COP revêt une dimension particulière. La Mongolie est directement confrontée aux effets de la dégradation des terres, notamment dans ses vastes zones pastorales où l’élevage constitue une activité économique et sociale majeure. Cette réalité donne une résonance particulière aux discussions engagées dans le cadre de la conférence. Les enjeux liés aux terres ne concernent pas uniquement leur état écologique. Ils touchent également les populations qui en dépendent pour leur alimentation, leurs revenus et leur mode de vie. La participation de pasteurs et d’éleveurs venus de nombreux pays à des rencontres organisées en marge de la COP illustre cette dimension humaine. Leur expérience de terrain constitue une source d'information importante pour mieux comprendre les conséquences de la dégradation des espaces pastoraux et réfléchir à des politiques adaptées.
La restauration des terres apparaît également comme un enjeu majeur de sécurité alimentaire. Lorsque les sols se dégradent, les capacités de production agricole et pastorale peuvent diminuer, affectant directement les communautés rurales. À cette pression s'ajoute celle exercée sur les ressources en eau. La dégradation des terres et les effets du changement climatique accentuent les difficultés auxquelles sont confrontés de nombreux territoires. La protection des sols, la restauration des écosystèmes et la gestion durable de l’eau sont ainsi appelées à être pensées de manière complémentaire. Pour les participants à la COP17, il ne s'agit donc pas seulement de restaurer des espaces naturels. L'enjeu est également de préserver les conditions permettant aux populations de continuer à vivre et à travailler dans les territoires concernés. La question financière constitue l'un des autres dossiers majeurs de cette conférence. La restauration des terres nécessite des investissements importants et surtout des financements durables, capables d'accompagner les actions sur plusieurs années. Les discussions d'Oulan-Bator doivent ainsi permettre de rapprocher davantage les politiques de restauration des terres des mécanismes d'investissement et de financement du développement. L'objectif est de faire de la restauration des écosystèmes non seulement une priorité environnementale, mais également un domaine d'investissement susceptible de produire des bénéfices économiques et sociaux à long terme.
La CNULCD entend également renforcer les passerelles entre la recherche scientifique, l'innovation et l'action publique. Les connaissances scientifiques doivent permettre de mieux identifier les zones dégradées, d'évaluer les solutions de restauration et de mesurer leurs résultats. Cette approche suppose également une meilleure coordination entre les différentes conventions internationales consacrées à l'environnement et au développement durable. La lutte contre la désertification, les changements climatiques et la perte de biodiversité étant étroitement liés, les réponses doivent, elles aussi, être davantage coordonnées.
Au-delà des négociations et des engagements internationaux, les organisateurs veulent faire de cette COP17 une conférence orientée vers les résultats. Le Secrétariat de la CNULCD entend travailler avec la présidence mongole, les États parties, les organisations internationales et les communautés directement concernées afin de favoriser la mise en œuvre de solutions adaptées aux réalités locales. Une attention particulière devrait être accordée aux populations pastorales et aux éleveurs. Leur connaissance des territoires et leur expérience des transformations des écosystèmes peuvent contribuer à améliorer les politiques de gestion durable des terres. La réussite de la conférence ne devrait donc pas se mesurer uniquement à la teneur des décisions adoptées à Oulan-Bator. Elle devra surtout être appréciée à travers leurs effets sur le terrain : des terres restaurées, des écosystèmes mieux protégés, des populations moins vulnérables et des moyens de subsistance préservés.
À travers cette COP17, la communauté internationale est ainsi appelée à transformer la lutte contre la désertification en une véritable politique de résilience. Car derrière la restauration d'un sol dégradé se joue aussi la capacité des populations à se nourrir, à accéder à l'eau, à maintenir leurs activités et à envisager leur avenir dans leurs territoires.
Léonel ÉBO