L’Institut National de la Femme (INF) prend une part active à ces travaux. Sa Présidente, Me Huguette Bokpé GNACADJA, a marqué la cérémonie d’ouverture par une intervention consacrée à la responsabilité qui accompagne l’accès des femmes aux espaces de décision. C’est l’un des messages forts portés par la Présidente de l’INF. Pour elle, l’entrée des femmes dans les instances de décision ne saurait constituer une finalité en soi. Le véritable défi réside désormais dans leur capacité à exercer pleinement les responsabilités qui leur sont confiées et à traduire leur présence dans les institutions en résultats tangibles. « Le véritable enjeu, c’est être capable d’y exercer pleinement son pouvoir, de transformer ce pouvoir en résultats concrets et de faire de ces résultats un levier de transformation durable de nos communautés », a-t-elle souligné. » Cette approche place ainsi la question de la performance et de l’impact au cœur du leadership féminin. Il ne s’agit plus seulement de mesurer les progrès à travers le nombre de femmes présentes dans les sphères de décision, mais également d’apprécier leur capacité à agir, à impulser des changements et à produire des résultats susceptibles de bénéficier durablement aux communautés.
Dans cette dynamique, l’Institut national de la Femme réaffirme sa volonté d’accompagner davantage les femmes engagées dans la vie publique. Me Huguette Bokpé GNACADJA a notamment évoqué la nécessité de construire un véritable écosystème d’accompagnement et de protection des femmes politiques, afin de contribuer à la pérennisation de leur engagement. L’objectif est également de créer des passerelles entre les générations. La transmission de l’expérience des pionnières aux jeunes femmes apparaît comme un enjeu majeur pour assurer la continuité du leadership féminin et susciter de nouvelles vocations dans les domaines de la gouvernance et de la décision publique. Cette dimension intergénérationnelle donne tout son sens aux assises de Nikki, qui mettent en présence des femmes ayant déjà exercé des responsabilités et celles appelées à prendre progressivement le relais.
Le choix de Nikki pour accueillir ces rencontres n’est pas anodin. L’événement se tient en marge de la Gaani de la Gnon KOGUI, Vice-impératrice de Nikki, gardienne du trône et figure centrale du pouvoir féminin dans la tradition Wassangari. Cette concomitance permet d’établir un lien entre le leadership féminin contemporain et les fondements historiques et culturels du Bénin. Elle rappelle que la participation des femmes à l’exercice de l’autorité, à l’arbitrage et à la prise de décision possède des racines anciennes dans les traditions du pays. À travers cette mise en perspective, les Rencontres intergénérationnelles ne se limitent donc pas à une réflexion sur la représentation politique actuelle. Elles constituent également un espace de valorisation de la mémoire, de transmission des expériences et de construction de la relève.
Placée sous le thème « Femmes leaders politiques au Bénin : exercer le pouvoir, produire des résultats et renforcer durablement les communautés », cette 4ᵉ édition se poursuit jusqu’au mercredi 2 septembre 2026. Les travaux devront aboutir à l’adoption d’une Déclaration finale, avant la cérémonie officielle de clôture présidée par la Vice-Présidente de la République. À Nikki, le débat posé est donc celui d’un leadership féminin appelé à franchir une nouvelle étape : accéder au pouvoir, certes, mais surtout savoir l’exercer, produire des résultats et transmettre l’expérience pour préparer durablement la relève.
Léonel ÉBO