Dans une atmosphère studieuse, marquée par la présence du Préfet du Mono ainsi que des représentants de plusieurs institutions républicaines, dont le Conseil Économique et Social du Bénin, les députés ont entamé une plongée méthodique dans les rouages du pouvoir législatif rénové. Selon Christel-Fourier DONKPÈGAN, cette rencontre vise à permettre aux parlementaires « de s’approprier les outils intellectuels et procéduraux indispensables à l’exercice efficace de leur mandat ».
Huit communications ont ainsi rythmé la première journée des travaux. Organisation politique, administrative et financière de l’Assemblée Nationale, gestion des ressources humaines, formation continue, diplomatie parlementaire, avantages et obligations des députés, sécurité parlementaire : autant de thématiques abordées à travers des échanges nourris et des débats jugés particulièrement enrichissants. Mais au-delà des aspects techniques, c’est surtout une nouvelle philosophie parlementaire que Joseph Fifamin DJOGBÉNOU est venu insuffler aux députés. « Exercer un pouvoir, c’est le comprendre », a-t-il déclaré d’entrée, en situant les enjeux institutionnels de cette 10e législature née des profondes réformes constitutionnelles engagées sous la précédente mandature.
Pour le Président du Parlement, les mutations institutionnelles intervenues ces dernières années imposent désormais aux députés une compréhension plus fine de leur rôle dans un environnement institutionnel profondément reconfiguré. « Nous sommes le Parlement. Nous ne sommes plus seuls », a martelé Joseph DJOGBÉNOU, faisant allusion à l’avènement du Sénat du Bénin comme deuxième chambre parlementaire. Cette nouvelle architecture institutionnelle oblige désormais les députés à redéfinir leur manière de légiférer, de contrôler l’action gouvernementale et d’interagir avec les autres institutions de la République. Dans son intervention, le Président de l’Assemblée Nationale a insisté sur la nécessité pour les élus de « se connaître eux-mêmes » afin de mieux comprendre le fonctionnement de l’institution parlementaire, le processus de fabrication de la loi ainsi que les mécanismes du contrôle gouvernemental.
Mais cette introspection institutionnelle doit aussi s’accompagner, selon lui, d’une meilleure connaissance des autres acteurs du système républicain. « À droite, nous avons le Conseil Économique et Social… À droite, nous avons le Sénat… Et en hauteur, il y a le gouvernement », a-t-il expliqué dans une métaphore illustrant les nouveaux rapports institutionnels issus de la réforme constitutionnelle. Joseph DJOGBÉNOU a également évoqué le rôle stratégique de la Cour Suprême du Bénin, de la Cour Constitutionnelle du Bénin, des partenaires internationaux ainsi que du système des Nations Unies dans le fonctionnement moderne de l’action parlementaire.
À travers ce séminaire d’Agoué, l’Assemblée Nationale entend ainsi poser les bases d’une législature davantage outillée, plus cohérente et capable de répondre aux nouvelles exigences institutionnelles du pays. Pour Joseph Fifamin DJOGBÉNOU, l’objectif final reste clair : faire de cette 10e législature un Parlement de résultats, capable d’accompagner efficacement les mutations politiques et institutionnelles en cours au Bénin.
L.EBO