En effet, la programmation arrêtée repose sur une répartition tenant compte des besoins identifiés dans les différentes zones ciblées. Le Zou bénéficiera ainsi de 14 SAEPmV, contre 10 dans l’Ouémé-Plateau, 9 dans le Mono-Couffo et 5 dans l’Atlantique. Le choix de systèmes multi-villages répond à une logique de mutualisation des infrastructures. Il s’agit de regrouper plusieurs localités autour de dispositifs communs afin d’optimiser les investissements, d’améliorer la couverture géographique et de permettre à un plus grand nombre de populations rurales de bénéficier des infrastructures hydrauliques. Cette approche devrait également favoriser une utilisation plus rationnelle des ressources consacrées au développement de l’approvisionnement en eau potable. Le nouvel investissement intervient dans un contexte de progression de la desserte en eau potable en milieu rural. Selon les données disponibles, le taux national est passé de 53,7 % en 2019 à 76,7 % en 2024. Le Gouvernement affiche désormais l’ambition d’atteindre l’objectif « Eau pour tous » à l’horizon 2033. La stratégie nationale prévoit, à terme, la réalisation de 314 SAEPmV sur l’ensemble du territoire. Les 38 systèmes programmés dans le cadre de cette nouvelle phase constituent donc une étape supplémentaire dans la réalisation de cet objectif.
La construction des ouvrages ne constitue toutefois que l’une des conditions de réussite du programme. Leur mise en service effective, leur entretien régulier et leur pérennisation seront déterminants pour garantir l’impact durable des investissements consentis. Le respect des délais d’exécution, la qualité des ouvrages, la gestion rigoureuse des ressources financières ainsi que l’implication des communautés bénéficiaires devront également accompagner la réalisation des infrastructures. Cependant, l’enjeu est d’éviter que les investissements hydrauliques ne se limitent à la livraison d’ouvrages, mais qu’ils se traduisent effectivement par un accès durable à une eau potable de qualité. À terme, les 38 nouveaux SAEPmV devraient permettre d’améliorer la desserte de milliers de ménages dans les localités bénéficiaires. Au-delà de l’accès à l’eau, les effets attendus concernent directement les conditions de vie des populations, la santé publique, l’hygiène et les activités économiques en milieu rural.
Avec cette nouvelle enveloppe de 80,5 milliards FCFA, le Bénin poursuit ainsi la transformation de son réseau d’approvisionnement en eau potable. La multiplication des infrastructures devra désormais s’accompagner d’une exigence tout aussi forte sur leur qualité, leur entretien et leur fonctionnement durable. Car l’objectif de l’« Eau pour tous » ne se mesurera pas seulement au nombre d’ouvrages construits, mais surtout au nombre de populations effectivement desservies et durablement approvisionnées.
Léonel ÉBO