Le bilan présenté à l’ouverture des travaux donne la mesure des impacts enregistrés en 2026. Selon le Ministre délégué auprès du Président de la République chargé de l’Intérieur et de la Sécurité Publique, Djibril MAMA CISSÉ, 349 580 personnes ont été recensées comme sinistrées, réparties dans 52 583 ménages, 1 199 villages et 219 arrondissements. Ces chiffres traduisent l’ampleur des conséquences des différents phénomènes ayant affecté le pays. Pour le ministre, les catastrophes ne doivent plus être appréhendées uniquement comme des situations nécessitant une réponse humanitaire ponctuelle. Elles constituent également un enjeu de sécurité, d’aménagement du territoire et de développement durable.
Des phénomènes aux conséquences multiples
« Les inondations, pluies extrêmes, épisodes de sécheresse, vents violents, incendies, épidémies et autres aléas peuvent, en peu de temps, affecter des milliers de personnes, perturber les activités économiques, dégrader les infrastructures, compromettre les moyens de subsistance et saturer les services essentiels », a relevé Djibril MAMA CISSÉ. Le Directeur Général de l’Agence Béninoise de Protection Civile (ABPC), Abdel Aziz BIO DJIBRIL, a pour sa part présenté le bilan détaillé des dégâts enregistrés à la suite des intempéries, des éboulements, des vents violents et des chutes de pierres. D’après les éléments présentés, ces phénomènes ont notamment provoqué d’importantes inondations dans plusieurs localités. Des ouvrages de franchissement ont également été endommagés ou rompus, tandis que des pertes en vies humaines par noyade ont été enregistrées.
L’anticipation au cœur du dispositif
Face à cette situation, le gouvernement entend renforcer la capacité nationale d’anticipation. Le Ministre Djibril MAMA CISSÉ a appelé les membres de la plateforme à faire de cette instance un véritable outil d’aide à la décision. L’objectif est notamment d’améliorer le partage des informations, la coordination des interventions et des secours, ainsi que la cartographie des zones vulnérables. Il s’agit également d’intégrer davantage la résilience face aux catastrophes dans les politiques publiques et les décisions d’aménagement. Une telle approche vise à agir en amont des catastrophes, en identifiant les territoires exposés et en renforçant les mécanismes permettant de réduire leurs conséquences sur les populations et les infrastructures.
Une plateforme déjà mobilisée en début d’année
Cette réunion du 6 octobre intervient après une première mobilisation des acteurs de la plateforme en janvier 2026. Le 29 janvier, une session extraordinaire consacrée à la réduction des risques de catastrophes s’était tenue au ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, dans un contexte marqué par les conséquences des inondations. À cette occasion, les acteurs avaient procédé à une analyse partagée de la situation et examiné des orientations destinées à renforcer la résilience du pays. Le bilan des catastrophes enregistré en 2025 avait également été présenté par l’Agence Béninoise de Protection Civile. Cette précédente session avait notamment mis en évidence les conséquences des inondations sur les populations, les infrastructures, les moyens de subsistance et l’environnement. Des pertes en vies humaines et des déplacements de familles avaient été signalés dans plusieurs communes.
Plusieurs secteurs autour de la même table
La rencontre d’octobre a réuni plusieurs membres du gouvernement concernés par la gestion des risques. Étaient notamment présents Georges ALÉ, Ministre du Cadre de vie chargé des Transports terrestres, Janvier YAHOUÉDÉOU, Ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance Locale, ainsi qu’Édouard DAHOMÉ, Ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Mines. Des représentants des partenaires techniques et financiers et des organisations humanitaires internationales ont également participé aux échanges. La présence de ces différents acteurs traduit la dimension transversale de la gestion des catastrophes. La prévention et la réponse aux risques impliquent en effet à la fois la protection civile, l’aménagement du territoire, la gestion de l’eau, les collectivités territoriales, les infrastructures et l’action humanitaire.
Avec 349 580 sinistrés recensés en 2026, le défi pour le Bénin ne se limite donc plus à intervenir après la catastrophe. L’enjeu est désormais de renforcer les capacités d’anticipation, de mieux identifier les zones exposées et d’intégrer durablement la réduction des risques dans les politiques de développement.
Cadnel ADEBAYO