RÉFORME MAJEURE AU BÉNIN ET IMPLICATIONS POUR LA GOUVERNANCE/ Voici ce que gagne le Bénin en passant au septennat

RÉFORME MAJEURE AU BÉNIN ET IMPLICATIONS POUR LA GOUVERNANCE/

Voici ce que gagne le Bénin en passant au septennat

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Alors que le Bénin se prépare aux élections générales de 2026, la question du passage au Septennat occupe une place centrale dans le débat public. Cette réforme, qui modifie profondément le rythme électoral et les cycles de gouvernance, suscite de nombreuses interrogations. Au regard des données, des pratiques passées et des exigences du développement, elle apparaît toutefois porteuse d’enjeux économiques, politiques et stratégiques majeurs pour le pays.

 

Le jeudi 17 octobre 2024, la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) a présenté à Cotonou son budget prévisionnel pour les élections générales de 2026 : près de 15 milliards de francs CFA. Un montant qui, de l’avis de tous, s’inscrit dans la continuité d’un cycle électoral particulièrement coûteux pour le pays. En effet, depuis 35 ans, le Bénin enchaîne en effet un quinquennat pour la présidentielle, un quinquennat pour les municipales et communales, un quadriennat pour les législatives. Résultat : des élections tous les deux ans en moyenne, mobilisant des moyens humains, techniques, logistiques et financiers considérables. Dans un pays en voie de développement où les besoins fondamentaux (eau potable, santé, éducation, infrastructures) demeurent des défis majeurs, la récurrence de ces scrutins constitue un poids réel pour les finances publiques. Le développement exige du temps : une évidence renforcée par les cycles de maturation des projets. Le développement économique et social ne s’improvise pas. Les projets publics, qu’il s’agisse d’infrastructures routières, d’industrialisation, de réformes sectorielles ou de modernisation institutionnelle requièrent de la planification, du temps d’exécution, de la lisibilité pour les partenaires techniques et financiers, et surtout de la stabilité. Or, les exigences internationales en termes de crédibilité, de normes d’investissement et de transparence imposent des démarches longues et rigoureuses. À cet égard, des mandats trop courts compliquent l’aboutissement des projets et multiplient les ruptures de programme.

Cependant, l’adoption du Septennat vient répondre à ces préoccupations. En offrant un mandat plus long, il permet au gouvernement d’avoir le temps nécessaire pour exécuter pleinement son programme, d’assurer la continuité des réformes, de garantir une meilleure visibilité stratégique, et d’inscrire les actions publiques dans une logique d’impact durable. Un mandat élargi réduit par ailleurs le risque de politiques précipitées ou approximatives. En effet, davantage de temps signifie moins de pression électorale immédiate, donc plus de sérénité pour travailler sur des projets structurants. Dans un contexte où le peuple béninois devient de plus en plus exigeant sur les résultats, la durée apparaît comme un facteur déterminant pour juger efficacement de la qualité de la gouvernance.

L’un des arguments phares en faveur du Septennat réside dans la réduction du nombre d’années électorales. Dans le système précédent, un quinquennat contenait trois années électorales (municipales, législatives, présidentielle). Avec le Septennat, une seule année électorale est prévue, grâce à l’alignement sur les élections générales. Conséquence directe un allègement majeur des charges financières, une réduction d’environ deux tiers des dépenses électorales sur la même période, et un redéploiement des ressources vers les secteurs prioritaires.

Mieux encore, quelques chiffres suffisent à illustrer l’écart : Élection présidentielle 2021 : 14,4 milliards FCFA, Élections générales 2026 : 15 milliards FCFA. Dans le système précédent, trois scrutins pouvaient coûter près de 45 milliards FCFA en cinq ans ; désormais, un seul cycle électoral concentré optimise les dépenses. Moins de politique, plus de travail : un bénéfice pour le développement national. En espaçant les scrutins et en rallongeant la durée de la stabilité institutionnelle, le Septennat permet à l’État de disposer d’un long cycle de travail, de réduire l’atmosphère permanente de campagne, et de réorienter les énergies vers la production, l’économie et l’administration. Cette logique renforce la vision de long terme et limite la politisation excessive de l’espace public.

Face aux défis de développement auxquels le Bénin est confronté, le passage au Septennat apparaît comme un levier d’efficacité, d’économie et de stabilité. Il permet à la fois une meilleure planification des politiques publiques, une réduction des dépenses électorales, et une amélioration de la cohérence stratégique au sommet de l’État. Si les opinions pourront diverger sur certains aspects, une conclusion demeure consensuelle : le temps et la stabilité sont des conditions indispensables pour transformer durablement un pays.

 

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Brice HAL

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