En effet, la journée a commencé dès 9h40 par le dépôt de gerbe au Monument aux Dévoués, un acte de mémoire en hommage aux bâtisseurs et défenseurs de la nation. Le Président de la République, Patrice Talon, très solennel, a dirigé cette étape empreinte d’émotion avant de rejoindre l’Esplanade du Monument de l’Amazone pour le moment central des célébrations. Là, un défilé militaire et paramilitaire de haute facture a pris place sous les yeux d’un public admiratif. Plus de 5 000 éléments issus de diverses forces, armée de terre, marine, police républicaine, douane, sapeurs-pompiers, eaux et forêts, ont foulé le boulevard dans un synchronisme impeccable. Cette parade, soutenue par une présentation motorisée et une démonstration aérienne, a également vu la participation d’un contingent militaire ivoirien, symbole d’une coopération régionale consolidée. Dans son discours très attendu, le Président de la République a exprimé avec gravité et sérénité que cette célébration marquait son dernier 1ᵉʳ août en tant que Chef de l’État. Il a saisi cette occasion pour réaffirmer les valeurs d’unité, de paix et de progrès partagé, insistant sur les efforts fournis pour moderniser les forces de défense et bâtir un Bénin sûr, prospère et souverain. « Nous avons prouvé que l’ordre, la rigueur et l’ambition sont possibles sous nos cieux. Continuons de bâtir une nation digne, libre et rayonnante… », a-t-il lancé sous les applaudissements nourris.
En outre, si l’aspect militaire a retenu l’attention le matin, la nuit précédente avait déjà conquis les cœurs. La désormais traditionnelle « Nuit de l’Indépendance », organisée dans dix grandes villes béninoises, a réuni à elle seule plus de 200 artistes dans une ambiance festive. À Cotonou, les musiciens, slameurs, danseurs et humoristes ont célébré la culture béninoise sur fond d’unité nationale, sous les applaudissements d’un public enthousiaste. Plus tôt en juillet, la ville avait accueilli les Nuits Artistiques et Culturelles de Cotonou (NACC), véritables vitrines du patrimoine vivant, du théâtre au cirque, du slam à la mode. Cette cinquième édition, fortement soutenue par la mairie de Cotonou, avait ouvert la voie à une célébration du 1er août sous le sceau de la créativité et de la citoyenneté. Autrement dit, le mois de juillet s’est également illustré par des initiatives comme « La Nocturne de Cotonou », une marche écocitoyenne portée par Sandra Idossou. Les habitants, balais en main, ont nettoyé les rues de nuit, éclairés non pas seulement par les lampadaires, mais par une conscience collective éveillée. Une manière originale et impactante d’aborder l’indépendance par l’action communautaire. Chose remarquable ! Dans la tribune présidentielle, plusieurs personnalités ont marqué leur présence : Lionel Zinsou, ancien Premier ministre, et le journaliste panafricain Claudy Siar. En revanche, les absences notées des anciens présidents Nicéphore Soglo et Boni Yayi, bien que symboliques, n’ont pas entaché la ferveur patriotique de l’événement. À juste titre, cette 65ᵉ fête de l’indépendance aura laissé l’image d’un Bénin fièrement debout, décidé à affirmer son identité, sa sécurité et sa culture. L’engagement des artistes, des militaires, des citoyens et des autorités locales a montré que l’indépendance est bien plus qu’un héritage : c’est une dynamique vivante à renouveler chaque jour. Ainsi, le rideau est tombé, mais l’histoire continue de s’écrire, portée par l’ardeur d’un peuple conscient et résolument tourné vers la souveraineté culturelle, politique et économique.