En effet, depuis plusieurs jours, l’Administration fiscale et le Centre National du Casier Judiciaire sont confrontés à une manne inhabituelle de demandes de duplicatas de quitus fiscaux et casiers judiciaires. Selon le communiqué de la CRIET, ces demandes proviennent largement des cadres du parti LES DÉMOCRATES, et concernent des personnes qui avaient parfois déjà obtenu deux ou trois exemplaires de ces documents. Pour éviter toute manipulation, les services de l’État avaient décidé de délivrer les duplicatas uniquement en mains propres ou à des mandataires officiellement désignés via les numéros liés aux IFU.
Le 6 novembre 2025, la Direction Générale des Impôts a saisi la CRIET d’une plainte formelle des procurations grossièrement falsifiées circulaient pour retirer des duplicatas au nom de citoyens qui n’en étaient même pas demandeurs. L’enquête préliminaire révèle un contexte précis que selon le Code Électoral, chaque parti doit obligatoirement présenter des candidats dans toutes les circonscriptions. Or LES DÉMOCRATES, en difficulté pour compléter leurs listes, auraient tenté de contourner cette exigence. Le stratagème présumé consiste à solliciter des quitus et casiers judiciaires pour des personnes extérieures au parti ; utiliser des militants déjà en règle pour multiplier artificiellement les dossiers ; fabriquer des procurations avec des signatures imitées, parfois maladroitement, pour retirer les documents.
Les enquêteurs de la Direction de la Police Judiciaire ont rapidement établi deux éléments irréfutables. D'abord, les signatures portées sur les procurations frauduleuses ne correspondent pas à celles figurant sur les Certificats d’Identification Personnelle des concernés. Mieux, toutes les personnes supposées avoir donné procuration ont attesté, procès-verbal à l’appui, n’avoir jamais délivré un tel mandat. Conséquence immédiate : deux individus ont été arrêtés à la Direction Générale des Impôts en possession de documents falsifiés. Les charges envisagées relèvent du faux et usage de faux et de la fraude électorale, délits sévèrement réprimés par les articles 247 (alinéa 2), 307 (alinéa 1er) et 309 du Code Pénal. Des peines encourues : 1 à 5 ans de prison ferme.
Alors que le Bénin s’apprête à entrer dans un cycle électoral crucial, cette affaire ouvre une brèche inquiétante dans la probité des acteurs politiques. La CRIET, déterminée à faire la lumière sur toute la chaîne de responsabilité, pourrait bien faire tomber d’autres têtes dans les jours à venir