En effet, la tonalité de cette édition 2025 a été donnée dès le 2 août avec un colloque scientifique international tenu à l’École du Patrimoine Africain (EPA). Sur le thème « Ifa Ọrunmila : introduction à une épistémologie », chercheurs, universitaires, babalawo et spécialistes des traditions africaines venus du Bénin, du Nigéria, du Togo et d’ailleurs, ont mis en lumière les dimensions théoriques et pratiques du Fâ, système divinatoire ancestral et socle des savoirs endogènes. Aussi, tout au long des deux journées, les grandes places publiques de Porto-Novo ont été investies par des animations spectaculaires mettant à l’honneur les masques et divinités vodun : Zangbéto à la Place Lokossa, Egungun à la Place Migan, Guèlèdè et Gounouko à la Place Abessan, N’newi du Nigéria, Goli et Zaouli de la Côte d’Ivoire à la Place Dangbé Klunon Honto puis Vodun Hounvè (Atchinan) à la Place Houngbo. Le public, mêlé de curieux, de familles, de chercheurs et de touristes, n’a cessé d’affluer, créant une ambiance unique où la spiritualité traditionnelle s’est fondue dans la fête populaire. Installé par ailleurs sur l’esplanade de l’Assemblée nationale, le Village des Festivités a servi de carrefour entre patrimoine et pédagogie. Ateliers de fabrication de masques, démonstrations de peinture rituelle, jeux éducatifs pour enfants et spectacles vivants ont ponctué ces deux journées riches en échanges intergénérationnels.
Le Boulevard Lagunaire, quant à lui s’est converti en une véritable scène à ciel ouvert dès le samedi soir. Des artistes comme Nikanor, Sessimè, Fanicko, Conex & Don, Queen Fumi, Manzor, Tgang le Technicien ont ouvert les hostilités dans une ambiance incandescente, sous les cris et les danses d’un public en transe. Le dimanche soir, en apothéose, ce sont les icônes comme Sagbohan Danialou, Zeynab, Don Mètok, GG Lapino, Fanny Sènan, Pépé Oléka, Gopal Das, Aimée Hovinou, Ahovi Houessou et bien d’autres qui ont pris le relais pour un show final magistral et entièrement gratuit après la procession sacrée des masques. Cette grande procession des masques a eu lieu à partir de 16h sur le Boulevard Lagunaire. Egungun, Zangbéto, Guèlèdè, Firi, Piékou, Gounouko, Zaouli et N’newi ont défilé dans une mise en scène spectaculaire entre rite et esthétique. Une cérémonie chargée d’émotion, à la fois offrande symbolique aux ancêtres et acte de transmission vivante aux générations futures. Au-delà du folklore, il faut avouer que cette deuxième édition du Festival des Masques de Porto-Novo s’est affirmée comme un véritable laboratoire culturel où la tradition se conjugue au présent, dans une démarche de valorisation du patrimoine vivant. Le Bénin y a réaffirmé sa place centrale dans la cartographie des cultures africaines, avec une scène artistique audacieuse, un héritage vodun assumé, et une jeunesse vibrante au rendez-vous.