En effet, c’est depuis l’arène monumentale du nouveau palais royal de Nikki, vaste édifice érigé sur plusieurs dizaines d’hectares au quartier Danri, que le rituel a pris son envol. Construit pour conjuguer tradition et modernité, le palais s’impose désormais comme le cœur battant de la mémoire collective. Devant les tambours sacrés, le Sinaboko a effectué sa sortie solennelle, escorté d’une impressionnante cavalerie, pour un périple rythmé par sept étapes symboliques. Chose extraordinaire : le parcours rituel de la Gaani s’articule autour de lieux sacrés qui racontent, chacun à leur manière, l’histoire et la spiritualité de Nikki : Lemandu, la première mosquée, rappel du pacte entre le trône et l’islam, incarné par la famille Sylla ; Tem Yankubakaru, haut lieu du culte de la terre, où le gardien Bah Warankpé implore fertilité et prospérité ; Dakiru, ancien palais marqué par la disparition tragique du Sinaboko Séro Bètètè, symbole d’honneur et de sacrifice ; Bantiaru, tombe du prince Farou Yérima, héritier disparu à la veille de son intronisation, mémoire de la fragilité du destin ; Palais royal de la dynastie Lafiaru, devenu musée, qui conserve les tombes de cinq souverains, dont Kpé Lafia Gambaru Swanru, doyen de longévité au trône ; Les tambours sacrés, point de départ et de retour, où le souverain rend hommage aux ancêtres ; Bakpilu, tombe de Kpé Gounou Kpawuko, refondateur de Nikki, où s’achève le parcours par des prières pour la paix et la prospérité. Il faut souligner qu'à chaque halte, le souverain a invoqué bénédictions et protection pour son peuple, mais aussi pour l’ensemble du Bénin. De retour au palais, le Sinaboko a accompli la toilette sacrée avant de prendre place dans son Sinko pour assister à la traditionnelle cavalcade et au défilé des Yérima. Plus qu’une simple fête, la Gaani demeure une mémoire vivante : témoin de la résilience des peuples Bariba et Boo, qui ont su préserver leur identité face aux épreuves de la colonisation, des bouleversements politiques et des défis de la modernisation. Mieux, il faut souligner que l’édition 2025 a également été marquée par la participation de hautes personnalités. Parmi elles : la Vice-Présidente de la République Mariam Chabi Talata Zimé, la ministre du Numérique et de la Digitalisation Aurélie Adam Soulé Zoumarou, le président de l’Union Progressiste le Renouveau Joseph Djogbénou, ainsi que le député Éric Houndété, vice-président du parti d’opposition Les Démocrates.
Au-delà des fastes et des symboles, la Gaani 2025 rappelle que Nikki demeure le sanctuaire d’une mémoire collective et le creuset d’une identité préservée. Entre tradition et modernité, le parcours rituel continue de relier les vivants aux ancêtres, offrant au peuple bariba et wassangari, et au Bénin tout entier, la force de bâtir son avenir sans jamais renier ses racines