En ouvrant les travaux à l’amphithéâtre Idriss Déby Itno, le Professeur Romuald Tchibozo, directeur de l’INMAAC a insisté sur l’urgence d’intégrer l’archéologie préventive dans tous les projets d’aménagement. « Nous avons constaté qu’il existe très peu d’études d’impact archéologique au Bénin », a-t-il déploré, appelant les entreprises du BTP et les ministères concernés à collaborer avec les chercheurs pour éviter la destruction du patrimoine enfoui. Selon lui, la mission de l’INMAAC est de former non seulement des chercheurs, mais aussi des praticiens capables d’intervenir efficacement sur le terrain.
Représentant le Recteur de l’Université, le Dr Romain Hounzandji a salué l’engagement du Professeur Tchibozo et de son équipe pour la promotion de la recherche scientifique. Il a également souligné la pertinence du thème du colloque, dans un contexte d’urbanisation rapide où plusieurs vestiges historiques sont menacés. « Malgré les efforts de l’État, une partie importante de notre patrimoine continue d’être détruite. L’archéologie préventive est une réponse indispensable », a-t-il affirmé, tout en remerciant les partenaires comme WAPCO et l’Université de Toulouse pour leur appui.
Les travaux s’articulent autour de conférences inaugurales, tables rondes et échanges thématiques. La première journée a été consacrée aux fondements juridiques et pratiques de l’archéologie préventive, avec des communications sur la législation béninoise et les expériences étrangères. La deuxième journée s’est ouverte à un dialogue entre chercheurs, ministères et entreprises du BTP, notamment Porteo BTP, SATOM-SOGEA et ADEOTI, autour des contraintes et opportunités liées à la prise en compte du patrimoine dans les projets d’aménagement. L’expert toulousain Gabriel Munteanu, impliqué dans des fouilles à Aplahoué, a salué « une initiative salutaire » pour un pays à fort potentiel patrimonial. Selon lui, « le Bénin possède un énorme patrimoine qu’il faut conserver tout en soutenant le développement économique ». Sabi Sika Guéra, géologue à l’Office béninois de la recherche géologique et minière (OBRGM), a quant à lui mis en garde contre l’exploitation anarchique de sites historiques, citant l’exemple du palais du roi Glèlè fragilisé par une carrière de latérite.
En clôture, les participants visiteront la Route des Pêches, symbole vivant du dialogue entre histoire, nature et développement. Ce colloque, premier du genre au Bénin, jette ainsi les bases d’une nouvelle approche du développement durable : celle d’un aménagement du territoire respectueux de la mémoire collective et du patrimoine archéologique national.