Sous le thème "Histoire des politiques agricoles au Bénin : cas du foncier et de la fertilité des sols," cette rencontre a permis d'explorer les défis et les opportunités qui jalonnent le secteur agricole béninois. Les intervenants ont partagé des recherches et des témoignages illustrant comment diverses phases politiques ont façonné l'agriculture nationale depuis l'indépendance du pays.
Lors de l'ouverture de la session de "Vendredi de l'Académie," Pr Mansourou, président de la commission, a souligné l'importance de l'élaboration et de l'évaluation des politiques publiques. Il a insisté sur le fait que l'évolution de ces politiques est cruciale pour renforcer la planification et la prise de décision dans le secteur agricole. L'évaluation des politiques publiques est présentée comme un instrument clé de gouvernance.
Plusieurs enseignants - chercheurs ont remonté le temps des politiques agricoles telles que pratiquées au Bénin depuis 1962 et présenté les tableaux du foncier et de la fertilité des sols
Témoignages des experts
Dr Adjovi, experte en socio-anthropologie, a fourni une analyse critique des paradoxes institutionnels et politiques qui ont caractérisé le développement agricole au Bénin de 1960 à 2017, avec une perspective jusqu'à 2025. Elle a mis en lumière une instabilité structurelle chronique, en se concentrant sur les transformations des structures opérationnelles, souvent non évaluées, comme le Centre d'Action Régionale pour le Développement Rural (Carder). Cette analyse a révélé que les réformes successives étaient généralement fondées sur des considérations politiques et non sur des évaluations rigoureuses.
Pour sa part Pr Nassi, sociologue du développement, a abordé l'histoire de la politique foncière au Bénin, la liant aux mutations des rapports entre société, pouvoir et territoire. Il a présenté les périodes marquantes de l'histoire foncière, depuis les régimes coutumiers jusqu'aux réformes contemporaines, tout en soulignant que bien que des avancées aient été faites, plusieurs obstacles restent à surmonter, notamment les coûts des procédures de titrisation et la complexité administrative.
A sa suite, Dr Diogo, agronome spécialisé dans les systèmes de production agriculture-élevage, a exposé l'état des sols et les politiques de fertilisation. Son analyse a été divisée en trois périodes. La première, de 1960 à 1972, a été marquée par une stratégie axée sur les cultures d'exportation comme le coton, soutenue par l'État. La période suivante, de 1972 à 1990, a encore vu une intervention publique importante. En revanche, dans les années 90, les ajustements structurels ont entraîné un désengagement de l'État et une déréglementation qui ont compliqué l'accès aux intrants pour les producteurs.
A son tour, Dr de Souza a esquissé une analyse sur la gouvernance et l’évaluation des politiques agricoles, notant qu'entre les années 60 et 80, l'évaluation se limitait souvent à des bilans de projets financés de l'extérieur, sans cadre national structuré
Enfin, Laurent Oloukoï a étudié l'effet des subventions publiques agricoles sur la compétitivité du secteur.