Le 6 novembre 2025, une lettre adressée aux députés par trois organisations syndicales a jeté un éclairage sur les inquiétudes croissantes autour de la proposition de révision de la constitution au Bénin. Ces syndicats, à savoir la Confédération des Syndicats Autonomes du Bénin (CSA-Bénin), la Confédération Générale des Travailleurs du Bénin (CGTB), et l’Union Nationale des Syndicats de Travailleurs du Bénin (UNSTB), ont exprimé leur désapprobation face à une initiative qu'ils jugent préoccupante. La proposition de loi, portée par les députés Aké Natondé et Assan Séïbou, prévoit la création d’un Sénat. Selon ses initiateurs, cette nouvelle chambre haute serait destinée à garantir l’équilibre, la stabilité et la paix au sein des institutions. Cependant, les syndicats soulignent que cette initiative, introduite en fin de mandat du président Patrice Talon, cache des « fins inavouées ».
Inquiétudes des organisations syndicales
Dans leur lettre, les syndicats critiquent la pertinence et le consensus autour de cette proposition. Ils affirment qu'elle ne répond pas aux attentes du peuple et qu'elle ne sert pas l'intérêt général. Les syndicats insistent sur le fait qu'une réforme d'une telle ampleur devrait être soumise à un référendum, car elle dépasse les compétences de l’Assemblée Nationale, qui agit en tant que mandataire du peuple.
Risques de concentration des pouvoirs
Les critiques portent également sur le risque d'une concentration des pouvoirs dans les mains d'une élite non élue. Les syndicats craignent que cela n’entraîne une confusion des rôles au sein des institutions républicaines, menaçant ainsi le fonctionnement démocratique. Ils mettent en avant que l'instauration d'un Sénat pourrait exacerber les tensions politiques et interinstitutionnelles, alors que le pays a su maintenir sa paix et son développement sans cette institution depuis 1990.
Appel à la mobilisation
Face à cette situation, les syndicats appellent les travailleurs à s’unir contre toute révision constitutionnelle dans un contexte préélectoral déjà agité. Ils réaffirment leur opposition résolue à toute initiative qui pourrait compromettre la démocratie et la légitimité populaire.
La proposition de création d’un Sénat au Bénin, bien que présentée comme une avancée pour la stabilité et la paix, suscite des inquiétudes majeures parmi les organisations syndicales. Ces dernières plaident pour une consultation populaire afin de garantir que toute réforme soit véritablement en adéquation avec les aspirations du peuple béninois. Dans un climat politique tendu, il est essentiel d’assurer que les voies démocratiques soient respectées et que la voix des citoyens soit entendue.