Dès les premières minutes de son intervention, Malick N'DIAYE a fait vibrer la corde sensible de l’histoire. Il s’est incliné devant les « grands-parents esclaves », victimes de la traite, rappelant que Gorée et Ouidah sont les deux « portes jumelles de l’exil », lieux de douleur et de courage, symboles de résistance et de survie. Mais pour le leader parlementaire sénégalais, il ne s’agit pas de rester prisonnier du passé : « Notre mémoire commune ne doit pas être une nostalgie, mais une énergie pour l’avenir », a-t-il martelé. De cette mémoire partagée doit naître une renaissance africaine, portée par la conscience et la responsabilité collective des peuples. Le Bénin et le Sénégal, a-t-il poursuivi, se tiennent aujourd’hui « comme deux phares de la conscience africaine », prêts à éclairer le chemin de la liberté, de la dignité et de la prospérité
Au-delà de l’émotion, le discours du Président N'DIAYE s’est voulu une feuille de route politique. Revisitant le concept de panafricanisme, il en a proposé une lecture moderne, pragmatique et participative : « Le panafricanisme n’est pas un souvenir glorieux. C’est un projet vivant de souveraineté partagée. » Il a ainsi appelé à une coopération renforcée entre Dakar et Porto-Novo, dans un esprit de codéveloppement, de complémentarité et de coresponsabilité. Pour lui, le Sénégal et le Bénin sont « deux âmes sœurs de l’Afrique », liées non seulement par l’histoire mais par une vision commune d’une Afrique debout, unie et souveraine. « Nous, Sénégalais et Béninois, sommes les mêmes enfants du Dahomey et de la Teranga, unis par la mémoire et portés par l’espérance », a-t-il lancé sous les applaudissements nourris.
Poursuivant son plaidoyer, Malick N'DIAYE a esquissé les contours d’une diplomatie parlementaire de terrain, centrée sur l’écoute, la transparence et la transformation sociale. Il a proposé la création d’un cadre permanent de coopération entre les deux Assemblées Nationales, avec plusieurs axes concrets : des échanges réguliers sur les questions de sécurité, d’éducation, de numérique, d’environnement et de gouvernance ; la formation croisée des personnels parlementaires ; le développement de projets communs de digitalisation et de participation citoyenne. Cette coopération, a-t-il précisé, devra être le moteur d’une nouvelle gouvernance africaine, fondée sur la confiance mutuelle et la construction d’institutions fortes.
En conclusion, le Président de l’Assemblée Nationale du Sénégal a invoqué la sagesse béninoise : « Ayi kpé do kpé », l’union fait la force. Un proverbe béninois qui, selon lui, incarne le message de tout un continent : « Ensemble, nous vaincrons la pauvreté, l’ignorance et la dépendance ». Cette visite historique à Porto-Novo symbolise plus qu’une amitié diplomatique ; elle scelle une promesse : celle de faire dialoguer Gorée et Ouidah, non plus comme des ports de l’exil, mais comme les deux piliers d’une Afrique souveraine et réconciliée avec son destin. De la mémoire de l’esclavage naît une diplomatie du cœur. Entre Dakar et Porto-Novo, se lève une ère où la douleur se transforme en force, et où la fraternité devient levier de souveraineté. Le Sénégal et le Bénin viennent d’écrire, ensemble, la première page d’une renaissance africaine consciente, digne et durable.