Selon une source proche du dossier, cette reprise met fin à une longue période d'attente, la dernière audience remontant au 25 avril 2025. À l'époque, le dossier avait été renvoyé au 13 mai 2025, sans qu'aucune suite ne soit donnée jusqu'à ce jour. Le procès s'était officiellement ouvert le 11 mars 2025 lors d'une session criminelle particulièrement suivie par l'opinion publique. Les deux principaux accusés, Codjo ALOFA et Donatien AMOUSSOU, avaient alors rejeté les accusations portées contre eux. Au cours des audiences, Codjo ALOFA avait notamment affirmé avoir reconnu sa responsabilité dans l'assassinat en échange d'une contrepartie financière, une déclaration qui avait relancé les interrogations sur les circonstances exactes de cette affaire et sur les éventuelles ramifications du dossier.
Pendant plus de huit jours d'audience, le tribunal a procédé à l'audition de plusieurs témoins et experts, parmi lesquels des médecins légistes, des agents de police judiciaire, des responsables de l'opérateur de téléphonie mobile MTN Group, le colonel Séverin KOUMASSEGBO, et Enock LAOUROU. Ces témoignages ont permis d'éclairer certains aspects de l'enquête sans pour autant dissiper toutes les zones d'ombre qui entourent ce dossier.
L'affaire remonte au 17 août 2010. Ce jour-là, Pierre Urbain DANGNIVO, alors cadre au Ministère des Finances, disparaît mystérieusement. Malgré les recherches entreprises au fil des années et les différentes procédures judiciaires engagées, le fonctionnaire n'a jamais été retrouvé, faisant de cette affaire l'un des dossiers criminels les plus complexes et les plus médiatisés du pays. Sa disparition a suscité une vive émotion au sein de l'opinion publique et a alimenté de nombreux débats sur la manifestation de la vérité, la lutte contre l'impunité et le fonctionnement de la justice. La reprise du procès est particulièrement attendue par la famille de Pierre Urbain DANGNIVO, les acteurs de la société civile et l'ensemble de l'opinion publique, qui espèrent voir émerger de nouveaux éléments susceptibles de faire avancer la manifestation de la vérité. Au-delà du sort des accusés, cette procédure judiciaire constitue un test majeur pour la justice béninoise, appelée à apporter des réponses à une affaire qui, seize ans après la disparition de Pierre Urbain DANGNIVO, demeure profondément ancrée dans la mémoire nationale.
Le retour de ce dossier devant les juges ravive ainsi l'espoir de voir enfin se dessiner les contours de la vérité judiciaire dans l'une des affaires les plus marquantes de l'histoire contemporaine du Bénin.
Cadnel ADEBAYO