Aménagée il y a plusieurs décennies, la Route des Pêches est bien plus qu’une simple voie reliant deux cités majeures. Elle est le miroir du Bénin pour des milliers de visiteurs étrangers et un espace de détente privilégié pour les populations locales. Située entre plage et végétation, elle symbolise le potentiel touristique et économique du pays. Mais depuis des années, l’essor incontrôlé de constructions anarchiques a fragilisé cette image. Baraques en bois, habitations en tôles, kiosques de fortune transformés en logements permanents : autant de structures précaires qui défiguraient le paysage, exposaient les habitants à des risques d’incendie ou d’effondrement et freinaient l’implantation d’infrastructures modernes. En décidant d’interdire désormais les installations précaires sur cet axe, le Gouvernement envoie un signal fort. L’objectif est triple. Premièrement, garantir la sécurité des populations en éliminant des habitats vulnérables aux sinistres. Deuxièmement, assainir le cadre de vie pour le rendre attractif aux investisseurs hôteliers et balnéaires. Enfin, préserver l’image du Bénin en valorisant une vitrine qui concentre l’attention des touristes et des partenaires internationaux. Cette orientation s’inscrit dans la droite ligne du Programme d’Action du Gouvernement (PAG) qui fait du littoral un levier majeur de développement et un moteur de croissance inclusive.
À travers ce choix, l’Exécutif veut transformer la Route des Pêches en un écosystème touristique intégré. L’assainissement du corridor devrait stimuler l’arrivée d’investisseurs privés, renforcer l’offre hôtelière et balnéaire et générer des emplois dans l’hôtellerie, la restauration, les loisirs et les services. Pour les populations riveraines, la mesure n’est pas synonyme d’exclusion, mais d’opportunités nouvelles. L’État entend accompagner les initiatives respectant les normes urbanistiques et environnementales, afin que le développement reste durable, inclusif et bénéfique pour les communautés locales, notamment les pêcheurs et artisans. Le Bénin affiche depuis quelques années une ambition claire : moderniser ses infrastructures et mettre en valeur ses atouts naturels et culturels. La Route des Pêches, vitrine touristique par excellence, doit refléter cette vision. En interdisant les constructions précaires, le Gouvernement ne se contente pas de protéger un paysage. Il redéfinit l’identité du littoral, en posant les bases d’une attractivité internationale capable de rivaliser avec les destinations phares de la sous-région. Cette décision du Conseil des ministres marque l’ouverture d’un nouveau chapitre : celui d’une Route des Pêches débarrassée de ses stigmates et pleinement dédiée à sa vocation première. À terme, le corridor pourrait devenir un haut lieu touristique et culturel, où la beauté du littoral béninois s’alliera à des infrastructures modernes, durables et respectueuses de l’environnement. Le Bénin, en agissant avec anticipation et fermeté, confirme son engagement à bâtir un avenir où tradition, nature et modernité se conjuguent au service du développement.