Présidant la cérémonie de lancement, la Ministre du Travail et de la Fonction Publique, Adidjatou MATHYS, a souligné que cette réforme « met fin aux pratiques opaques et subjectives du passé ». Désormais, le recrutement des enseignants du supérieur se déroule en deux phases distinctes : une épreuve écrite, suivie d’un entretien oral, toutes deux assorties de notes planchers et éliminatoires. Cette approche, selon la ministre, vise à garantir l’équité, la transparence et la crédibilité du processus, tout en rehaussant le niveau d’exigence académique au sein des universités publiques. Pour cette première édition du concours réformé, 1.070 candidats, dont 218 femmes et une personne en situation de handicap, se sont présentés dans neuf grands domaines disciplinaires, allant des lettres et sciences humaines aux sciences exactes, en passant par le droit, l’économie, la santé et les technologies. Ce test représente bien plus qu’un recrutement : il incarne une volonté politique forte de professionnaliser le corps enseignant universitaire et de bâtir un système d’enseignement supérieur compétitif à l’échelle régionale.
La Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Éléonore YAYI LADEKAN, a salué la portée de cette initiative qu’elle qualifie d’« historique ». Elle a rappelé que le nombre de titulaires de doctorat a considérablement augmenté au Bénin, rendant indispensable un mécanisme de sélection juste et rigoureux : « Ce concours garantit une compétition saine, basée sur la compétence et le mérite, pour hisser notre système universitaire au niveau d’excellence que requiert le développement de notre pays », a-t-elle déclaré. Cette réforme s’inscrit dans une logique de modernisation globale de l’enseignement supérieur, déjà amorcée par la digitalisation des procédures et la restructuration des écoles doctorales.
Le Ministre de la Santé, Professeur Benjamin HOUNKPATIN, a insisté sur l’importance stratégique de ce recrutement pour le secteur médical. Près d’un cinquième des postes (40 environ) sont destinés aux hospitalo-universitaires, dont la mission est de former les futurs médecins et d’encadrer la recherche dans les centres hospitaliers universitaires. Selon lui, « renforcer le corps enseignant, c’est améliorer la qualité de la formation médicale, des soins et de la recherche », un levier essentiel pour l’essor du système sanitaire national.
Sous l’impulsion du Président Patrice TALON, le gouvernement entend ainsi poursuivre la professionnalisation du service public de l’enseignement supérieur. Cette réforme du recrutement s’inscrit dans une dynamique plus large de gouvernance basée sur le mérite, pilier de la modernisation administrative béninoise depuis 2016. Avec ce concours inédit, le Bénin confirme son engagement à bâtir une université publique d’excellence, ouverte sur le monde, équitable dans l’accès et rigoureuse dans la sélection de ses formateurs.