Au cœur de cette initiative : la réhabilitation des bassins versants, véritables éponges naturelles qui régulent les eaux, limitent les crues, filtrent les polluants et préservent la biodiversité. Leur remise en état contribue à renforcer la résilience de la capitale économique et à améliorer la qualité de vie de ses habitants. Déjà, les travaux menés sur 34 des 50 bassins versants de la ville témoignent d’une transformation tangible. Curage, renforcement des berges, aménagements routiers et paysagers : autant d’interventions qui ont permis de réduire sensiblement les inondations dans plusieurs quartiers. En chiffres, cela représente 146 kilomètres de nouveaux ouvrages d’assainissement, en complément des 305 km hérités des décennies passées.
Par ailleurs, le projet s’appuie sur de solides partenariats financiers. La Banque européenne d’investissement a permis la réalisation de collecteurs primaires au bénéfice de quartiers tels qu’Aïdjedo, Ladji ou Towéta. La Banque mondiale a financé un important bassin de rétention à Sètovi, Vêdoko et Zogbo, tandis que l’Agence française de développement a soutenu des infrastructures à Agla, Kouhounou et Godomey, offrant une capacité de stockage de plus de 230 000 m³ d’eau. Mais l’ambition ne s’arrête pas là. Le PAPC prévoit de s’attaquer aux 16 bassins encore en attente de réhabilitation et de mettre en place un système durable de suivi, d’entretien et de sensibilisation citoyenne.
En transformant son rapport aux eaux pluviales, Cotonou esquisse une nouvelle image : celle d’une métropole capable de concilier urbanisation, sécurité hydrique et protection environnementale. Un modèle qui pourrait inspirer d’autres grandes villes africaines confrontées au même défi.