Autre élément déterminant : l’absence totale de ce communiqué sur les canaux officiels. Ni la télévision publique nigérienne, ni les plateformes numériques gouvernementales, ni encore les relais institutionnels du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie n’en font mention. Contacté, Mahamadou Moussa BRAH, membre de l’Association des Blogueurs pour une Citoyenneté Active au Niger, est catégorique : « Oui, c’est un faux communiqué. Il n’a été publié sur aucun canal officiel. » Une absence qui confirme le caractère apocryphe du document.
Dans une interview accordée à VoxAfrica, le Ministre Nigérien des Affaires Étrangères, Bakary Y. SANGARÉ, a apporté une précision importante : le passeport diplomatique détenu par Kémi Séba est authentique et valide. « C’est un passeport qui a été régulièrement attribué », a-t-il affirmé. En revanche, aucune déclaration officielle ne confirme ni son retrait, ni une éventuelle décision de le déclarer persona non grata. Malgré son absence de fondement, le faux communiqué a connu une large diffusion, relayé par certains internautes et même repris par des médias sans vérification préalable. Ce cas illustre une fois de plus les dérives de l’information à l’ère numérique, où la viralité peut précéder la vérification.
En l’état, aucune preuve ne permet d’attester que Kémi SÉBA a été sanctionné par les autorités du Niger. Le document évoquant le retrait de son passeport diplomatique ; la fin de ses fonctions auprès de la présidence ; sa déclaration comme persona non grata, est totalement infondé.
Dans un contexte régional sensible, cette affaire rappelle l’importance du fact-checking et de la prudence face aux informations circulant en ligne. Car dans la bataille de l’information, la vérité reste la première victime des contenus non vérifiés.
Jean DOSSOU