En effet, la scène politique béninoise est secouée. Le lundi 13 octobre 2025, la Cour d’Appel de Cotonou, par ordonnance en référé, a ordonné à l’ancien président de la République, aujourd’hui président du parti Les Démocrates (LD), de restituer sans délai le formulaire nominatif de parrainage du député SODJINOU. Ce dernier avait remis le document à son leader le 2 septembre 2025, dans un esprit de discipline partisane, mais n’avait plus pu y accéder depuis. La décision de justice, rendue en urgence par le juge Dossa Guillaume LALLY, reconnaît le caractère personnel et intransmissible du formulaire, délivré par la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA). Saisie par Me Brice T. ZINZINDOHOUÉ, Avocat du Parlementaire, la juridiction a autorisé l’exécution provisoire sans caution, et même, en cas de blocage, la délivrance d’un nouveau formulaire directement par la CÉNA. Ce jugement, à la portée symbolique forte, apparaît comme un désaveu cinglant pour Boni YAYI, accusé de verrouiller le processus de désignation du duo présidentiel du parti. En retenant le formulaire d’un Député pourtant en droit de parrainer le candidat de son choix, le président des LD s’expose désormais à de vives critiques sur sa gestion autoritaire du parti. Plus qu’un simple litige juridique, cette affaire révèle une fracture profonde au sein du camp démocrate. Des voix internes dénoncent depuis des semaines une dérive autocratique, des exclusions non expliquées, et un flou stratégique préjudiciable à la crédibilité du parti.
À quelques heures de la clôture, une seule certitude demeure : le parti LES DÉMOCRATES est engagé dans une zone de turbulence qui pourrait bien compromettre ses ambitions présidentielles. Le député Sodjinou, en obtenant gain de cause devant la justice, n’a pas seulement arraché un formulaire, il a dévoilé au grand jour une guerre de leadership que beaucoup soupçonnaient, mais que peu osaient nommer. Alors que le dépôt des candidatures s’achève ce 14 octobre à minuit, LES DÉMOCRATES n’ont toujours pas officialisé leur duo candidat. Et pendant que les autres grandes formations, notamment l’UP le Renouveau et les FCBE, peaufinent leur communication de campagne, le Parti de Boni YAYI donne l’image d’une maison divisée. L’ordonnance de la Cour pourrait précipiter une crise de confiance irréversible et ouvrir la voie à d'autres contestations internes. Le silence de la direction nationale face à cette claque judiciaire pourrait également aggraver les soupçons de gestion opaque et de manipulation politique.
En l’état, cette affaire redessine les contours de la présidentielle de 2026. Elle affaiblit considérablement la posture de l’opposition incarnée par Les Démocrates, et donne du grain à moudre aux adversaires politiques du camp Talon, qui pourraient exploiter ce cafouillage comme preuve d’inexpérience ou de désorganisation.