.En effet, la célébration a été rythmée par une conférence inaugurale, des présentations scientifiques, des débats citoyens, mais aussi des animations culturelles et des rituels symboliques. La marche silencieuse vers l’Arène culturelle de Ouidah, suivie du lâcher de colombes et de la chaîne d’union, a donné à l’événement une dimension à la fois spirituelle et mémorielle. « Chaque année, le Bénin, terre de cicatrices et de mémoire, se joint à cette commémoration, non pas seulement parce qu’elle est inscrite dans le calendrier mondial, mais parce que notre sol porte encore les stigmates de cette tragédie et que nos cœurs en gardent l’écho », a déclaré le Ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Babalola Jean-Michel Hervé ABIMBOLA. Pour lui, le thème choisi cette année est une véritable boussole : le souvenir doit devenir action. « La mémoire ne constitue pas uniquement une exigence morale ; elle est également une semence politique et culturelle », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité de transmettre, guérir et bâtir. Le Ministre a rappelé les engagements historiques du Gouvernement béninois, parmi lesquels l’adoption d’une loi sur la nationalité au bénéfice des Afro-descendants, qualifiée de geste fondateur. Ce texte, selon lui, ouvre à la diaspora la possibilité de renouer juridiquement et symboliquement avec leurs ancêtres et de bâtir un avenir sur la terre d’origine. Madame Akhsamiya MARTIAL, Présidente de l’Association Médiation Internationale pour les Réparations (MIR), en France et au Bénin, en a livré un témoignage poignant : « Oui, nous avons tout quitté, nous avons tout vendu en Martinique pour répondre à l’appel puissant de nos aïeux qui ont tant pleuré, qui ont tant crié pour retourner chez eux. C’est en leur honorable et précieux nom que nous sommes ici, sans regret.»
Parmi les initiatives structurantes, figure la création du Musée International de la Mémoire de l’esclavage, au cœur du Fort portugais de Ouidah. Projet emblématique, il se veut sanctuaire universel de mémoire, de recherche et de transmission. À cela s’ajoute la réhabilitation du bateau mémoriel au Musée de Ouidah, destiné à restituer les étapes et l’horreur de la traite. Citant le Chef de l’État, le Ministre a rappelé : « Il y a des choses que ni la parole ni l’écriture ne peuvent exprimer. Matérialiser ce qu’a été l’horreur de la traite des Noirs fera de chacun, génération après génération, le témoin de la cruauté humaine, mais aussi le gardien des valeurs humaines. » Pour conclure, le Ministre ABIMBOLA a résumé l’esprit de cette commémoration : « Mémoire pour reconnaître, comprendre et honorer. Avenir pour bâtir un monde de dignité, de justice et de fraternité. » Le Maire de Ouidah, Christian HOUÉTCHENOU, a pour sa part invité les Afro-descendants à effectuer leur retour sur la terre de leurs aïeux, afin d’y mener une vie épanouie et prospère, saluant au passage les efforts du Gouvernement du Président Patrice TALON dans la promotion du patrimoine culturel et touristique.
Rappelons que la célébration a aussi connu la présence du Préfet de l’Atlantique Jean-Claude CODJIA, du Pontife Dagbo HOUNON TOMADJLEHOUKPON II, ainsi que de nombreuses autorités politico-administratives, renforçant la portée historique et solennelle de ce rendez-vous mémoriel.