Publié à Cotonou le 8 octobre 2025, le document de la CENA trace une feuille de route rigoureuse, articulée autour de 16 étapes clés, de la préparation des listes à la proclamation des résultats. Après la réception, en juillet, des statistiques de la Liste Électorale Informatisée (LEI), le processus entre désormais dans sa phase active : Dépôt des candidatures aux législatives : du 8 au 12 novembre 2025 ; Publication des listes définitives : le 17 novembre pour les communales, et du 1er au 2 décembre 2025 pour les législatives ; Campagne électorale : du 26 décembre 2025 au 9 janvier 2026, soit quinze jours d’intense mobilisation. Nonobstant, cette courte fenêtre de campagne impose un rythme effréné aux formations politiques. Entre meetings express, stratégies de proximité et communication numérique, les partis devront redoubler d’ingéniosité pour séduire un électorat de plus en plus exigeant. De même, la CENA a dévoilé un calendrier post-scrutin serré : les résultats provisoires des législatives et les résultats définitifs des communales seront publiés dès les 12 et 13 janvier 2026, soit à peine deux jours après le vote. Une célérité qui témoigne du niveau de préparation logistique et technologique de l’institution, soucieuse de renforcer la transparence et la crédibilité du processus électoral. Mais au-delà du choc politique national, ce scrutin a une portée profondément locale et structurante. Le 10 février 2026, la CENA publiera la liste des localités où les partis vainqueurs seront habilités à désigner les chefs de village ou de quartier de ville. Cette ultime étape, souvent négligée, incarne pourtant l’un des leviers les plus concrets de l’enracinement démocratique : elle influence directement la gouvernance communautaire, la gestion des ressources locales et la représentation citoyenne à la base.
Jamais le Bénin n’avait organisé deux scrutins d’une telle ampleur le même jour. Ce couplage inédit constitue un test grandeur nature pour les institutions électorales, les partis politiques et la société civile. Il s’agit non seulement d’un exercice de démocratie participative, mais aussi d’un défi logistique colossal, mobilisant des milliers d’agents électoraux, des observateurs nationaux et internationaux, et tous les corps de contrôle du processus électoral. Le 11 janvier 2026 s’annonce donc comme le “jour de vérité” pour la nation béninoise, un moment de choix collectif qui redéfinira les équilibres politiques, du Parlement aux conseils communaux, en passant par chaque village et chaque quartier.
Alors que la sous-région ouest-africaine fait face à de multiples crises politiques, le Bénin entend une fois de plus confirmer sa réputation de modèle démocratique. Entre attentes populaires, enjeux de gouvernance locale et bataille parlementaire, le double scrutin du 11 janvier 2026 marquera, à n’en point douter, une nouvelle page de l’histoire électorale du pays. Un dimanche qui pourrait bien, selon les observateurs, redessiner durablement le visage politique du Bénin.