En ouvrant les travaux, Fréjus THOTO, Directeur Exécutif du Centre Africain pour le Développement Équitable (ACED), a salué le choix du Bénin comme pays hôte. « C’est une première pour un pays francophone et une reconnaissance du rôle pionnier du Bénin dans l’usage des données probantes », a-t-il déclaré. De son côté, Dr Rhona MIJUMBI, Présidente de l’AEN, a présenté la vision du réseau et les attentes du forum : renforcer la collaboration, accroître les capacités des jeunes leaders, promouvoir l’inclusivité linguistique et favoriser une meilleure intégration de la science dans les politiques publiques africaines. Par ailleurs, au cœur de ce forum, l’Institut Parlementaire du Bénin (IPaB), dirigé par Dr Fatahou DJIMA, a joué un rôle de premier plan. Prenant la parole, le Directeur de l’IPaB a rappelé que le Parlement est à la fois producteur de lois, contrôleur de l’action gouvernementale et représentant des citoyens. Pour assumer pleinement ces fonctions, il doit s’appuyer sur « des analyses rigoureuses, des évaluations indépendantes et des savoirs issus de la recherche ». « Ce rassemblement panafricain, organisé ici à Cotonou, est bien plus qu’un événement académique. Il incarne notre volonté collective de bâtir une Afrique éclairée, responsable et résolument tournée vers l’avenir », a-t-il affirmé, plaidant pour une plus grande valorisation de la recherche parlementaire comme levier stratégique pour une gouvernance efficace et inclusive. Il est revenu sur la genèse de l’IPaB, créé en 2019 pour fournir aux députés des outils d’analyse, des études d’impact et des notes techniques. Cette initiative, selon lui, « permet de légiférer avec rigueur, de contrôler avec discernement et de représenter avec responsabilité ».
Durant trois jours donc, les participants vont réfléchir sur des thématiques clés : arbitrage entre science et politique, inclusion linguistique, leadership des jeunes, mutualisation des connaissances. Le forum se veut une plateforme bilingue (français-anglais), ouverte et inclusive, visant à renforcer l’influence africaine dans les débats mondiaux sur l’Evidence-Informed Decision Making (EIDM). Au lendemain de ce forum, il faut s'attendre à une meilleure collaboration entre parties prenantes africaines et mondiales, à un engagement accru des jeunes leaders, à une visibilité renforcée de l’AEN, et à la formulation de stratégies concrètes pour ancrer durablement l’usage des données probantes dans la gouvernance africaine. En accueillant Evidence 2025, le Bénin confirme son statut de laboratoire d’innovation démocratique. Le plaidoyer du Dr Fatahou Djima résume l’esprit du forum : « Il s’agit de bâtir un écosystème où la science éclaire la loi, où les données renforcent la démocratie, et où les citoyens retrouvent confiance dans leurs institutions. »