Une situation alarmante
Le 23 octobre 2025, une rencontre d'urgence a été organisée à Ewe Condji, réunissant maraîchers, commerçantes locales, revendeuses du Grand Marché de Dantokpa et transporteurs. Tous partagent une préoccupation commune : la mévente de la production locale. Kodjo Zohoungbogbo, président de l'Union Communale des Coopératives Villageoises de Maraîchers de Grand-Popo (UCCVM), a exprimé son désespoir face à la situation : « Les oignons pourrissent dans les champs, et les clients ne viennent plus acheter chez nous. »
L'impact des importations
La cause principale de cette crise est l'importation massive d'oignons en provenance du Nigeria. Ces importations ont saturé le marché local, rendant difficile pour les producteurs béninois d'écouler leurs produits. « C'est un choc violent pour nous. Les commerçants ne peuvent plus vendre nos oignons », a déclaré Zohoungbogbo. Il appelle donc à une régulation stricte de ces importations pour protéger les producteurs locaux et permettre une reprise du marché.
Appel à l'action
Les commerçantes et transporteurs de la région partagent ces préoccupations. Pauline Akpahou, commerçante au marché Dantokpa, a dénoncé la situation : « Les étrangers envahissent notre marché sans restrictions, alors que nous sommes ceux qui payons les impôts et les taxes. Un soutien gouvernemental est indispensable. » François Soudo, président des importateurs béninois d'oignons, a également plaidé pour une meilleure organisation du secteur afin de trouver des solutions durables.
Propositions pour l'avenir
Au-delà de la régulation des importations, l'UCCVM propose la mise en place de mécanismes de stockage, de conservation et de distribution efficaces. Ces infrastructures permettraient de réduire les pertes post-récolte et de stabiliser les prix en période de surproduction. Un appel est lancé à tous les acteurs économiques, y compris les grossistes et transformateurs, pour soutenir la production nationale.
La filière oignon à Grand-Popo est à un tournant critique. Sans une action rapide et coordonnée, elle risque de s'effondrer, compromettant les efforts de nombreux producteurs béninois qui aspirent à vivre dignement de leur travail. Il est temps pour les autorités et les acteurs du marché de se mobiliser pour sauver cette filière essentielle à l'économie locale.