En effet, la stratégie de Boni YAYI semble figée dans une logique d’hyperpersonnalisation. L’ancien président croit pouvoir capitaliser sur sa notoriété et sa posture d’opposant historique à Patrice TALON, jusqu’à s’imaginer qu’un simple « mouton » désigné par son camp suffirait à battre le candidat du pouvoir. Mais le choix de WADAGNI a rebattu les cartes. Financier rigoureux, figure jeune et consensuelle, il cristallise déjà une adhésion transpartisane, fragilisant un peu plus une opposition qui peine à définir une ligne claire. Dans les coulisses, plusieurs noms circulent : Éric HOUNDÉTÉ, Nourénou ATCHADÉ, Kamel OUASSAGARI, Nourou Dine SAKA, Yacoubou BIO SAWÉ...Une palette de prétendants, mais sans véritable ancrage populaire ou électoral capable de peser face au rouleau compresseur de la mouvance. Selon certaines indiscrétions, la piste la plus avancée serait celle d’un duo mené par HOUNDÉTÉ, flanqué d’une colistière issue de la famille YAYI, Solange ou Rachelle. Une option qui divise et qui rappelle les épisodes douloureux des dynasties politiques, comme la tentative ratée de Nicéphore SOGLO d’imposer ses fils à la scène nationale. Cette orientation, jugée clanique par plusieurs voix internes, risque d’affaiblir encore davantage LES DÉMOCRATES. Car au lieu d’apparaître comme une alternative crédible, le parti renvoie l’image d’une structure verrouillée par un seul homme, incapable d’ouvrir la compétition en interne et de produire un projet collectif.
En face, la mouvance présidentielle avance avec méthode. Autour de WADAGNI, Patrice TALON orchestre un déploiement stratégique qui consolide jour après jour l’assise électorale du camp au pouvoir. Tandis que l’opposition tergiverse, la mouvance transforme l’élection de 2026 en une bataille inégale, presque déjà jouée d’avance. Ainsi, LES DÉMOCRATES apparaissent prisonniers de ce « stade » : une étape où tout semble en suspens, où rien n’avance, et où l’avenir de l’opposition reste suspendu à la volonté de Boni Yayi. Mais le temps s’égrène inexorablement. Et à force de calculs internes et d’hésitations, l’opposition pourrait bien laisser filer une occasion historique, en offrant à Wadagni une victoire sans véritable combat.