En effet, le ton est direct et mesuré. Éric HOUNDÉTÉ s’est interrogé sur la faible durée des sessions parlementaires, estimant qu’un Parlement digne de ce nom doit davantage s’investir dans le travail législatif : « Vous avez, pour une session entière, onze jours de travaux. C’est ce que j’ai lu et entendu. On peut faire mieux. À défaut d’avoir plusieurs sujets à traiter, on peut approfondir ceux qui sont à l’ordre du jour. » Pour lui, la question du temps parlementaire traduit une baisse d’intensité dans la production législative, symptomatique d’une Assemblée qui ne joue plus pleinement son rôle moteur dans la démocratie béninoise. Poursuivant son intervention, l’ancien candidat à la présidentielle a contesté la présentation “trop flatteuse” de la modernisation du Parlement, telle que mise en avant dans le rapport de Louis VLAVONOU. Selon lui, la notion de Parlement ouvert, saluée à l’international, ne se vérifie plus dans la pratique : « Vous nous aviez fait croire que les travaux en cours expliquaient le ralentissement de la diffusion en temps réel des activités parlementaires. Mais cela ne peut plus justifier la fermeture progressive d’une institution censée être au service du peuple. » Par ces mots, Éric HOUNDÉTÉ relance le débat sur la transparence et sur la communication institutionnelle de l’Assemblée nationale, appelant à redonner vie à l’ouverture et à la proximité citoyenne.
Sur un ton à la fois critique et ironique, Houndété a également abordé la question de l’équité entre députés. Il déplore une répartition inégale des missions officielles, qu’il estime défavorable à certains groupes parlementaires : « Vous donnez la part belle aux vôtres, tandis que d’autres n’ont qu’une portion congrue. Ce n’est pas une attitude équilibrée et cela devient dérangeant. » Cette remarque, bien que formulée avec humour, révèle un malaise politique sur la gestion interne des privilèges et opportunités parlementaires, souvent perçue comme un instrument de récompense politique.
Concluant son intervention dans une note de lucidité teintée d’humour, Éric Houndété a exprimé le souhait que la fin de la législature soit marquée par un effort d’équilibre et d’ouverture réelle. « Si vous pouviez faire l’effort, Monsieur le Président, de donner corps à cette ouverture que vous prônez, ce serait une excellente chose », a-t-il lancé, avant de plaisanter sur sa propre absence de mission parlementaire : « Si vous pouviez m’en octroyer une, ne serait-ce qu’à Ilacondji ou à Missérété, je vous en serais reconnaissant. »
Par cette intervention, Éric Houndété réaffirme son positionnement politique d’opposant lucide, exigeant et institutionnel, loin de la simple posture contestataire. Son discours, mêlant rigueur, critique et ironie, illustre une volonté de restaurer le sérieux du travail parlementaire et de redonner sens au principe d’ouverture démocratique. En plaçant le débat sur le terrain du fonctionnement et de la justice institutionnelle, Houndété signe l’une des interventions les plus politiques et stratégiques de cette fin de législature.