Un demi-siècle d’indépendance après cinq siècles de domination
« L’Angola a un passé douloureux », a rappelé Dr Bamoquina Zau d’entrée de jeu. Après cinq siècles de domination portugaise, l’Angola a arraché son indépendance le 11 novembre 1975, soit quinze ans après la plupart des pays africains. Une indépendance chèrement acquise après quinze années de lutte, de souffrance et de résilience, vite assombrie par 27 années de guerre civile. Ce n’est qu’en 2002 que le pays a recouvré une paix totale et durable, ouvrant la voie à la stabilité politique et au renforcement des institutions démocratiques. Depuis lors, plusieurs scrutins libres se sont succédé : 1988, 2012, 2017, 2022, et le prochain est attendu pour 2027.
Le Bénin, un partenaire historique et fidèle
L’Ambassadeur angolais n’a pas manqué d’exprimer toute sa reconnaissance envers le peuple béninois : « Nous nous réjouissons d’avoir toujours bénéficié de l’appui du Bénin avant et après l’indépendance de l’Angola », a-t-il déclaré avec émotion. Les relations entre les deux pays se sont consolidées au fil des décennies à travers divers accords bilatéraux, notamment un accord de coopération et un accord d’exemption de visa pour les détenteurs de passeports diplomatiques et de service. Dans la dynamique d’ouverture voulue par le président João Manuel Gonçalves Lourenço, qui assure actuellement la présidence de l’Union africaine, l’Angola a étendu le régime de “free visa” à 98 pays, symbole d’une volonté de renforcer son intégration régionale et mondiale.
Une célébration mémorielle et symbolique
Le point d’orgue de cette commémoration sera célébré le mardi 11 novembre 2025, date historique de l’indépendance. En prélude, une manifestation officielle se tiendra à Cotonou ce mardi 4 novembre 2025, toujours à l’hôtel Golden Tulip, en présence de personnalités béninoises, de diplomates accrédités et d’amis de l’Angola. Le 6 novembre, à Luanda, une cérémonie d’hommage et de décoration rendra honneur, à titre présent ou posthume, aux grands leaders des luttes de libération dont : Agostinho Neto du MPLA, Jonas Savimbi de l’UNITA, Roberto Holden du FNLA, et bien d’autres figures historiques. « Pour marquer cet anniversaire, nous avons d’abord cherché à panser nos plaies. Les leaders qui ont lutté pour la libération de l’Angola seront célébrés dans l’unité et la reconnaissance », a affirmé l’Ambassadeur.
Un pays en marche vers l’avenir
Aujourd’hui, l’Angola affiche la volonté d’écrire un nouveau chapitre de son histoire : celui d’un pays en paix, ouvert, souverain et économiquement ambitieux. « Depuis 2002, nous avons réajusté nos politiques publiques, redéfini ce qu’il faut apporter de nouveau et de mieux à notre peuple », a confié Dr Bamoquina Zau, avant d’ajouter : « Le chemin tracé par nos prédécesseurs reste valable. Nous devons le renforcer dans un esprit de solidarité nationale. » En célébrant ses 50 ans d’indépendance, l’Angola ne se contente pas de regarder son passé : il le relit pour mieux se projeter, conscient que la paix, l’unité et l’ouverture constituent désormais les piliers de son avenir.