En officialisant très tôt son choix, la majorité au pouvoir a marqué un point psychologique et politique. La désignation d’un candidat comme Romuald WADAGNI, technocrate reconnu, envoie un signal fort d’organisation et de cohérence. Ce coup d’anticipation place désormais l’opposition dans une posture inconfortable : elle doit impérativement se montrer à la hauteur, faute de quoi elle risque de renforcer l’impression d’impréparation qui lui colle déjà à la peau. Néanmoins, au sein du principal parti de l’opposition, Les Démocrates, l’heure est loin d’être à l’unité. Selon des sources proches du parti, une véritable guerre de représentativité secoue les instances dirigeantes. Trois figures se disputeraient avec acharnement le ticket présidentiel : Chabi YAYI, fils de l’ancien président Boni YAYI, Nourou Dine SAKA SALEY, et Éric HOUNDÉTÉ, figure politique aguerrie. C'est-à-dire, entre ambitions personnelles et volonté de positionnement stratégique, le parti se trouve dans une impasse qui risque de compromettre sa crédibilité. Car, au-delà des individus, c’est l’image d’une opposition divisée qui se donne en spectacle, au moment même où l’unité aurait dû être son principal atout. Or, dans un contexte où l’électorat attend des alternatives crédibles, l’incapacité à proposer un duo clair et consensuel constitue un handicap majeur. L’opposition semble ignorer que le temps politique n’attend pas : chaque jour qui passe renforce l’avance stratégique de la mouvance. Plus inquiétant encore, ce retard risque d’alimenter le scepticisme populaire sur sa capacité à gouverner en cas de victoire. Mieux, la présidentielle de 2026 n’est pas une élection ordinaire. Elle s’annonce comme un tournant décisif pour l’avenir démocratique du Bénin. Si l’opposition veut incarner l’espoir d’une alternance crédible, elle doit impérativement transcender ses querelles internes pour désigner un duo qui rassure, inspire et fédère. Chose certaine : l’histoire récente du pays montre que les victoires électorales se construisent autant dans l’anticipation que dans l’unité. À défaut, l’opposition court le risque de transformer l’élection de 2026 en un long boulevard offert à ses adversaires déjà bien organisés.