D’entrée de jeu, le Professeur TOPANOU a rappelé que l’Académie joue un rôle fondamental : celui d’inviter la société béninoise à s’interroger sur ses choix, ses errements et ses perspectives. « Trente ans après les processus de démocratisation, les peuples francophones déchantent face aux élections truquées, aux révisions constitutionnelles opportunistes et à la paupérisation des masses », a-t-il martelé. Dans une analyse lucide, il a posé la problématique centrale : « Le pain plutôt que la liberté ? ». Entre l’attrait des dictatures présentées comme efficaces et les promesses parfois déçues de la démocratie, l’enjeu reste celui du développement et de la dignité des peuples.
En marge de son discours, le président du comité d’organisation a confié à la presse les motivations de ce choix thématique. Pour lui, il ne fallait pas laisser ce débat « se mener sous le manteau entre quelques intellectuels ou politiques ». L’ANSALB a donc pris l’initiative de le porter sur la place publique, afin de donner voix à toutes les sensibilités. Le Professeur TOPANOU insiste : « il s’agit d’un forum intellectuel, non partisan. L’objectif n’est pas de servir un agenda politique, mais de susciter un foisonnement d’idées ». À l’issue des échanges, l’Académie s’engage à vulgariser les conclusions pour nourrir le débat national et continental. Figure respectée du monde académique et politique, Prudent Victor TOPANOU incarne l’intellectuel qui relie théorie et pratique, savoir et engagement citoyen. En remerciant les membres du comité, les conférenciers, la presse et les « petites mains », il a souligné que la réussite d’un tel événement repose sur la synergie collective.
Ainsi, au-delà des interventions prestigieuses, cette 5ᵉ édition restera comme celle où le Président du comité d’organisation a su replacer la démocratie africaine au cœur d’un questionnement urgent et actuel.