En effet, depuis plusieurs mois, l’ambiance à la Préfecture de l’Ouémé est loin d’être sereine. Selon plusieurs sources internes, des tensions ouvertes opposent le Préfet Dr. Marie AKPOTROSSOU à certains de ses collaborateurs. À l’origine du conflit, une dénonciation anonyme qui met en cause la gestion administrative et financière du plan de travail annuel (PTA) 2024 de la Préfecture. De l’Ouémé. Dans cette affaire, le préfet est accusé de décaissement de fonds public sans l’exécution des activités prévues dans le PTA. De plus, il lui est également reproché par des collaborateurs ; l’établissement et la signature des documents et autres pièces pouvant attester l’exécution des activités sans que ces dernières ne soient réellement effectuées. Ces antécédents qui sont à l’origine de la descente de l’IGF après dénonciation a permis à l’Inspection Générale des Finances (IGF) de fouiller et comprendre ce qui se passe à la préfecture de Porto-Novo. Selon des agents de la préfecture rencontrés au cours de l’investigation de votre journal, le dispositif de l’IGF a conduit à l’audition de chefs de service, de membres du cabinet et du Préfet elle-même. Toujours selon certains témoignages recueillis par notre rédaction, plusieurs responsables auditionnés ont choisi de « dire la vérité » malgré le rejet catégorique du Préfet de ces accusations. Ces divergences ont obligé l’IGF à organiser des auditions de confrontation, ce qui a, selon nos sources, provoqué des représailles directes contre certains agents qui auraient défié l’autorité du préfet devant l’IGF en confirmant leur déclarations. Depuis cette épisode, tout est paralysé à la préfecture de l’Ouémé. C’est la méfiance entre les agents, des clans par ci et là. En un mot l’atmosphère de travail est vissé. A la date du 30 juin 2025, le niveau de réalisation du PTA 2025 tournait autour de 14% contre 50% qui est attendu.
Aujourd’hui, c’est pratiquement à une paralyse de la préfecture qu’on assiste., il faut dire que les termes de référence du Plan de Travail Annuel (PTA) de la Préfecture ne sont pas signés. Bloquant ainsi la quasi-totalité des activités. Plus emblématique encore, le chef du Service de la planification et de l’aménagement du territoire, Saïd Olatoundji LIASSOU, a été brusquement muté vers la commune des Aguégués. Une décision qualifiée d’« irrégulière » par plusieurs cadres, alors que son poste avait été validé par un arrêté préfectoral. Interrogé sur la situation, Edmond AYINDÉ, Chargé de Mission du Préfet, confirme : « Rien ne va. Nous sommes en fin de troisième trimestre, mais toutes les activités prévues au PTA sont bloquées. Les fonds ont été débloqués, mais les termes de référence ne sont toujours pas sortis. » Joint au téléphone par notre rédaction, le Préfet Dr. Marie AKPOTROSSOU conteste l’existence de tensions et de crise à la préfecture et affirme être juriste de formation : « Toutes mes décisions sont conformes aux réglementations en vigueur. Refusant de se prononcer sur les allégations visant sa personne le Préfet Marie AKPOTROSSOU, refuse tout commentaire. « Tout va bien à la Préfecture de Porto-Novo. Je vous invite à vous rapprocher de ceux qui ont donné ces informations. En tant que juriste de formation, tous mes actes sont posés sur la base des textes de la décentralisation. Je ne fais rien sans les textes. », A-t-elle répondu avant de mettre fin à l’entretien. Le Secrétaire Général de la Préfecture, Jean-Baptiste AKPAMAGBO, reconnaît que « tout n’est pas rose » mais préfère ne pas s’exprimer publiquement. Le Maire des Aguégués, Marc GANDONOU, nie toute implication dans la mutation de M. LIASSOU et regrette que le Préfet ait agi sans consulter le conseil communal : « Il n’y a pas d’autorité au-dessus des textes », déplore-t-il. Le Syndicat de la Préfecture, par la voix de son SG Derrick Weinsou, parle de « représailles contre les agents » depuis le passage de l’IGF et appelle à l’intervention du Chef de l’État pour restaurer un climat de travail apaisé. » Mais les cadres concernés, eux, reconnaissent sans réserve les faits, dénonçant un climat de peur et des sanctions ciblées. « J’ai été muté parce que j’ai dit la vérité lors de la confrontation avec l’IGF », explique Saïd Olatudji LIASSOU. Selon lui, plusieurs mutations ont été opérées dans le même esprit, comme pour masquer de possibles irrégularités.
Pour l’instant, tous les regards sont tournés vers l’IGF attendant son rapport pour situer les uns et les autres. Aussi, il faut signaler qu’aucune décision officielle n’a été prise par le ministère de tutelle. Or, le malaise reste palpable, et plusieurs agents espèrent que le Chef de l’État interviendra pour clarifier la situation, rétablir l’ordre et sanctionner, le cas échéant, les présumés auteurs de ce trouble à l'ordre public.
Affaire à suivre donc.