L’audience, présidée par le collège des sages de la Cour, aura été entièrement dominée par des affaires liées au contentieux électoral, principalement dirigées contre la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA). Les questions de parrainage, de validation de candidatures et de procédures d’équité électorale ont constitué le fil rouge des débats, traduisant la sensibilité croissante des étapes préparatoires à la présidentielle de 2026. Sur les six recours enregistrés, quatre visent directement la CENA, notamment autour du mécanisme du parrainage, devenu un point névralgique du processus électoral béninois. Le duo présidentiel du parti Les Démocrates, composé de Renaud Vignilé Léandre AGBODJO et Jude Bonaventure LODJOU, a saisi la Cour pour la validation de leur candidature à la magistrature suprême. Par ailleurs, M. LODJOU a introduit une seconde requête portant sur la validation de son parrainage, estimant que les critères appliqués par la CENA manqueraient de clarté et d’équité. Deux autres citoyens, Habibou WOROUCOUCOU et Karim GOUNDI, ont également dénoncé des pratiques jugées discriminatoires dans la gestion du parrainage : le premier évoquant une obstruction à sa participation à l’élection, le second sollicitant la clarification du nombre légal de parrainages imposés par la CENA. Ces recours traduisent une inquiétude persistante : celle d’un déséquilibre dans la compétition électorale, alimentée par la rareté des parrains disponibles et la politisation supposée de leur attribution. Deux autres affaires, d’apparence technique mais au fond politique, complétaient le rôle de cette audience. Le citoyen Neurou-Dine SAKA SALEY a introduit une requête en procédure d’urgence contre le Député Michel SODJINOU, accusé de priver un électeur de son droit constitutionnel de vote, un dossier qui interpelle directement la Cour sur la protection des droits fondamentaux. Enfin, Kandé Julien KANSOU a soumis une demande de quitus fiscal, document indispensable pour toute candidature, à l’attention de la Direction Générale des Impôts. Cette requête, quoique administrative, s’inscrit dans la chaîne de validation des dossiers présidentiels et illustre la complexité des démarches exigées des aspirants à la magistrature suprême.
Alors que le pays s’avance vers une présidentielle à forts enjeux, cette audience plénière spéciale revêt un caractère hautement symbolique. Elle rappelle le rôle crucial de la Cour constitutionnelle comme rempart institutionnel de la démocratie béninoise, chargée de garantir la régularité, la transparence et l’équité du processus électoral. Le rôle officiel de l’audience, établi et signé le 26 octobre 2025 par le Greffier en chef Sylvestre FARRA, consacre ainsi une étape clé du calendrier préélectoral. Ses délibérations à venir seront scrutées de près par les acteurs politiques, les observateurs nationaux et internationaux, tant leurs implications pourraient redessiner les contours de la compétition présidentielle de 2026.