En effet, dans un ton ferme et mesuré, Michel SODJINOU a affirmé que son nom aurait été utilisé sans son consentement sur un formulaire de parrainage au profit du candidat désigné, Me Renault AGBODJO. « Sans mon avis, sans mon accord, ma fiche de parrainage a été remplie en son nom. C’est un acte grave, frauduleux et planifié de longue date », a-t-il déclaré. Selon lui, cette falsification démontrerait la « mauvaise foi » de certains responsables du parti, qui auraient voulu légitimer a posteriori une désignation imposée. Bien qu’il dise disposer d’éléments suffisants pour porter plainte pour faux et usage de faux, l’honorable SODJINOU a indiqué vouloir, par « esprit de retenue », éviter d’exposer davantage le parti aux tribunaux. Balayant les rumeurs selon lesquelles il aurait pactisé avec le président Patrice TALON, le député affirme n’avoir jamais eu de contact avec le chef de l’État en dehors des cérémonies officielles. « Ceux qui m’accusent refusent simplement de regarder leurs propres fautes », a-t-il lancé, rappelant que son combat n’est pas personnel mais motivé par la défense des principes démocratiques au sein de son parti. SODJINOU a dénoncé un système « clanique et rétrograde », dominé selon lui par une poignée de dirigeants qui étouffent l’expression démocratique. « Je ne pouvais cautionner les logiques exclusionnistes du président Boni Yayi, ni ces méthodes de gouvernance d’un autre âge », a-t-il insisté. Le député affirme avoir toujours soutenu le président Éric HOUNETÉ, qu’il considère comme le véritablement légitime à incarner le parti. Il reproche à Boni Yayi d’avoir « imposé » Me Renault AGBODJO sur la base de critères purement relationnels. « Aucun mérite objectif, aucune consultation réelle ne justifie ce choix, si ce n’est le simulacre d’une commission aux ordres », déplore-t-il.
Au cœur de sa sortie, une accusation lourde : celle de la responsabilité directe de Boni Yayi dans la non-participation du parti LES DÉMOCRATES à la présidentielle. Selon SODJINOU, le président du parti aurait sciemment refusé de rechercher un compromis malgré sa propre disponibilité à remettre la fiche de parrainage. « Il savait que j’étais ouvert au dialogue, mais il a préféré sacrifier le parti sur l’autel de ses ambitions personnelles », accuse-t-il, visiblement ému et en colère. Pour le député, cette gestion « personnaliste et autoritaire » a conduit la principale force d’opposition dans l’impasse politique. « C’est triste pour notre formation qui ne mérite pas ce genre de leadership. Il est temps de tourner la page et de faire la politique autrement », a-t-il conclu sous les applaudissements de ses partisans.
Par ailleurs, la sortie de Michel SODJINOU intervient dans un contexte de vives tensions internes au sein du parti LES DÉMOCRATES, après la désignation controversée du candidat Renault AGOUO pour la présidentielle de 2026. Cette prise de parole publique, inédite par sa fermeté, risque d’accentuer les fractures au sein du parti de Boni Yayi, déjà fragilisé par des querelles internes sur la ligne stratégique à adopter face au pouvoir. Mais au-delà des accusations, la déclaration du député révèle un malaise plus profond : celui d’une formation en quête de maturité démocratique, tiraillée entre fidélité au leader historique et aspiration à une nouvelle gouvernance interne.