Face à la circulation massive d’extraits audio, souvent sortis de leur contexte, Zaga Bambo dit intervenir « par devoir et par responsabilité », dans un climat qu’il juge saturé de rumeurs et de manipulations. S’il reconnaît avoir été touché par l’arrestation de Kémi SÉBA et de son fils, il prend toutefois soin de marquer une distance idéologique : « Même si je ne partage ni ses choix ni ses méthodes, je respecte l’intensité de son engagement. » Le militant togolais révèle que son unique échange avec l’activiste remonte à octobre 2025, via l’application Telegram, à l’initiative de ce dernier. Objectif de cette discussion : interpeller directement Kémi SÉBA sur ce qu’il considère comme une contradiction majeure (son supposé soutien au régime de Faure GNASSINGBÉ, jugé incompatible avec les idéaux panafricanistes.
Point central de la déclaration : Zaga Bambo confirme l’authenticité des audios en circulation, tout en affirmant ne pas être à l’origine de leur diffusion. Il s’interroge ouvertement sur les circonstances de leur enregistrement : « Était-ce une habitude d’enregistrer systématiquement ses échanges ? Je n’ai pas la réponse. » Il avance également une hypothèse liée à l’arrestation de l’activiste en Afrique du Sud, évoquant la possibilité que les contenus aient été récupérés par les services de sécurité ayant eu accès à ses téléphones. Face aux accusations qui circulent, notamment dans certains cercles proches du pouvoir togolais, le militant se défend fermement : « Si j’étais à l’origine de cette diffusion, je l’aurais assumé et publié moi-même. » Il accuse par ailleurs des relais liés au régime de Faure GNASSINGBÉ de chercher à le désigner comme responsable afin de détourner l’attention.
Prenant ses distances avec l’affaire Kémi SÉBA, Zaga BAMBO réaffirme que son combat est ailleurs : « Mon combat est dirigé contre un système, contre une dictature familiale qui dure depuis plus d’un demi-siècle. » Engagé aux côtés du mouvement M66 et de militants togolais, il dit concentrer son action sur la lutte pour la Démocratie et la Justice au Togo.
Cette sortie publique apporte des éléments nouveaux mais laisse subsister plusieurs zones d’ombre, notamment sur les conditions d’enregistrement et de diffusion des audios. Dans un contexte déjà tendu autour de l’arrestation de Kémi SÉBA, cette déclaration pourrait alimenter davantage les débats et les spéculations, tout en recentrant l’attention sur les enjeux politiques régionaux qu’elle met en lumière.
L. EBO