C’est un moment symbolique qui s’est joué ce mercredi au Palais de la Marina. Le gouvernement de Patrice Talon a tenu son dernier conseil des ministres, celui qui clôt deux mandats entamés le 6 avril 2016.Pour la première fois, la séance a été co-présidée avec le président élu, Romuald Wadagni, vainqueur de la présidentielle du 12 avril 2026 et qui prêtera serment le 24 mai prochain. Un geste qui illustre la volonté d’assurer une transition sans rupture.
Émotion et mea culpa présidentiel.
Visiblement ému, Patrice Talon a ouvert la séance par des remerciements adressés à l’ensemble des membres du gouvernement. Il a salué leur dévouement au service de l’État et leur engagement dans la mise en œuvre du Programme d’Action du Gouvernement. Le président sortant a aussi présenté des excuses pour sa rigueur parfois perçue comme excessive. « Si j’ai pu paraître trop exigeant, c’était toujours dans l’intérêt supérieur de la nation », a-t-il déclaré, rappelant que son style de gouvernance visait à rompre avec l’improvisation et à instaurer une culture de résultat.
Wadagni : « l’œuvre sera poursuivie qualitativement »
Prenant la parole, le président élu Romuald Wadagni a rendu hommage au leadership de son prédécesseur. Il a assuré que les réformes engagées ne seraient pas abandonnées, mais consolidées et approfondies. « L’œuvre entamée sera poursuivie qualitativement pour le bonheur des Béninois », a-t-il affirmé, insistant sur la continuité de l’État et la nécessité de maintenir la dynamique de transformation.
Une transition inédite
Cette co-présidence intervient à onze jours de l’investiture officielle prévue au Palais des Congrès de Cotonou. Elle marque une rupture avec les transitions souvent tendues du passé et envoie un signal de stabilité aux partenaires techniques et financiers, ainsi qu’aux investisseurs. Après dix ans de pouvoir, Patrice Talon s’apprête à quitter la Marina en respectant la limitation des mandats. Il rejoindra le futur Sénat, instance qui réunira les anciens chefs d’État et hautes personnalités en tant que « conseil des sages ». Le dernier conseil des ministres referme ainsi un cycle. Celui de la « rupture » entamée en 2016. Le prochain ouvrira celui de la consolidation, sous la conduite de Romuald Wadagni.
Ibourahim Abdou Gibril