Pour les organisateurs, l’objectif était clair : faire du Vodun un objet de connaissance et non de rejet. "Nous voulons montrer que le Vodun est une théologie, une science de l’univers et une morale de vie en société"a indiqué un membre du Comité des Rites Vodun du Bénin à l’ouverture.
Pendant plus de trois heures d'horloge, le conférencier a abordé les grands piliers de la pensée Vodun dont le principe divin : Mawu-Lisa et la hiérarchie spirituelle. Il est également revenu sur la conception de Dieu dans le Vodun. Mawu-Lisa, présenté comme l’entité suprême, se décline en une multitude d’émanations : les Voduns. Ces derniers ne sont pas des dieux, mais des forces, des énergies au service du Créateur, chargées de réguler l’univers.
L’éthique Vodun : Une morale sociale et écologique
Le deuxième axe de la conférence a concerné les valeurs. du Vodoum : Respect des ancêtres, respect de la nature, solidarité communautaire, quête d’équilibre. De plus, le Vodun est d’abord une école de comportement. Celui qui détruit la forêt, qui ment, qui vole, se met en porte-à-faux avec le Vodun"a martelé Mahougnon Capko
Transmission et modernité : Comment documenter sans trahir ?
La question la plus débattue a concerné l’avenir. Comment enseigner la Théologie Vodun aux jeunes générations ? Comment l’archiver sans la dénaturer ? Les réponses ont porté sur la création d’un centre de documentation, l’introduction de modules dans les universités et la formation des communicateurs traditionnels.
Le public, très actif, a multiplié les questions sur les rites, les interdits et la place du Vodun dans le Bénin d’aujourd’hui.
Par ailleurs, au cours des échanges, le Comité des Rites Vodun du Bénin a annoncé plusieurs résolutions. Il s’agit notamment du lancement d’un projet de centre de documentation et de recherche sur la Théologie Vodun et de l’organisation de caravanes de sensibilisation. Pour les organisateurs, cette première édition au Palais des Congrès marque une étape. Le but : faire reconnaître la Théologie Vodun comme un savoir à part entière, au même titre que les autres grandes traditions spirituelles du monde.
En réunissant plus de 500 personnes autour de la Théologie Vodun, le Bénin signe un acte fort : celui de considérer sa spiritualité endogène comme un patrimoine de pensée à transmettre, à étudier et à protéger.
Ibourahim Abdou GIBRIL