Selon Claudy SIAR, les candidats à la reconnaissance de la nationalité béninoise peuvent désormais constituer et transmettre leur dossier sans recourir à une preuve génétique. « Désormais, pour l'obtention de la nationalité béninoise, il n'est plus nécessaire d'effectuer un test ADN », a-t-il indiqué. Cette annonce marque une étape importante dans la mise en œuvre du droit au retour consacré par l'État béninois. Si les modalités précises ayant conduit à cette évolution n'ont pas encore été détaillées par les autorités compétentes, le nouveau dispositif semble privilégier l'examen des pièces administratives et historiques produites par les demandeurs. Les personnes concernées sont invitées à se rapprocher de l'organisation « Retour Gagnant Bénin », présentée comme une structure d'accompagnement dans les démarches de constitution et de suivi des dossiers.
Cette mesure s'inscrit dans l'application de la Loi n°2024-31 du 2 septembre 2024, qui reconnaît aux descendants d'Africains subsahariens déportés lors de la traite négrière la possibilité d'obtenir la nationalité béninoise par reconnaissance. Pour opérationnaliser cette réforme historique, le gouvernement béninois avait lancé, le 4 juillet 2025, la plateforme numérique : [My Afro Origins Bénin] sur https://www.myafroorigins.bj Cette plateforme multilingue, accessible en français, en anglais, en portugais et en espagnol, permet aux demandeurs de s'informer sur les conditions d'éligibilité, de constituer et de soumettre leur dossier en ligne, de s'acquitter des frais de traitement fixés à 100 dollars américains et de suivre l'évolution de leur demande à travers un espace personnel sécurisé. Selon les dispositions mises en place par les autorités béninoises, l'administration délivre une attestation d'éligibilité lorsque le dossier du demandeur est jugé conforme et que la décision est favorable. Cette attestation constitue une étape préalable à l'obtention de la nationalité béninoise et à l'inscription du bénéficiaire au Registre National des Personnes Physiques. Pour rappel, lors du lancement de la plateforme en 2025, Yvon DETCHÉNOU, Garde des Sceaux, avait souligné que cette réforme visait à donner une traduction concrète au droit au retour des descendants d'Africains dispersés à travers le monde à la suite de la traite négrière.
La suppression de l'obligation du test ADN apparaît comme un geste d'ouverture et de simplification administrative susceptible de faciliter l'accès des Afrodescendants à la nationalité béninoise. Elle renforce également la volonté du Bénin de consolider ses liens historiques, culturels et humains avec les communautés afrodescendantes de la diaspora et de faire du pays une terre de mémoire, de reconnexion et de retour pour les descendants des victimes de la traite négrière.
Léonel EBO