Quelques semaines après l'installation officielle de la chambre haute et la mise en place de son bureau dirigé par Patrice Talon, le Sénat béninois entre dans le vif du sujet. L'examen des règlements administratif et financier ce mardi à Cotonou constitue le prolongement logique de l'adoption du règlement intérieur intervenue en juillet dernier. Il ne s'agit plus seulement de symboles politiques, mais bien de doter l'institution de garde-fous pratiques pour éviter tout enlisement bureaucratique.
L'autonomie financière et administrative sous surveillance.
La fixation des règles de gestion des ressources et du fonctionnement interne revêt une importance stratégique majeure. Dans un contexte de rigueur budgétaire et d'optimisation des dépenses publiques, ces textes fixent l'encadrement strict des budgets de fonctionnement et des indemnités de la chambre haute., l'architecture des services administratifs et le statut des collaborateurs et la répartition des compétences logistiques entre l'Assemblée nationale et le Sénat.
Pour la présidence de l'institution, l'objectif est double : assurer une autonomie de gestion crédible tout en rassurant l'opinion publique sur la maîtrise des coûts liés à cette nouvelle architecture bicamérale.
Le défi des figures absentes Yayi et Soglo
Ce grand rendez-vous organisationnel se tient toutefois dans une atmosphère singulière, marquée par l'absence de figures majeures. Thomas Boni Yayi, en convalescence en Allemagne suite à son évacuation sanitaire récente, et Nicéphore Soglo, retenu à l'étranger pour des raisons de santé, manquent à l'appel. Cette configuration rappelle avec acuité les défis liés à l'âge et à la condition physique des sages appelés à siéger dans cette chambre de réflexion, posant la question de l'assiduité et du quorum dans les grands débats à venir.
En définitive, au-delà des considérations matérielles, le Sénat béninois cherche à transformer une volonté constitutionnelle en une force de proposition législative stable.
Ibourahim Abdou GIBRIL