Avec un budget révisé porté à 4 086,620 milliards de FCFA, contre 3 783,984 milliards de FCFA initialement prévus, soit une progression de 8 %, l'Exécutif affiche clairement sa volonté de donner des moyens supplémentaires à son ambition de transformation économique et sociale. En effet, cette première loi de finances rectificative de l'ère Wadagni intervient dans un contexte marqué par la restructuration gouvernementale et la nécessité d'adapter les ressources publiques aux nouvelles priorités nationales. Loin d'un simple ajustement technique, ce collectif budgétaire apparaît comme un véritable instrument de pilotage stratégique. Il vise à renforcer l'efficacité de l'action publique tout en maintenant les grands équilibres macroéconomiques. Les indicateurs retenus par le gouvernement témoignent de cette confiance : croissance économique maintenue à 7,5 %, hausse de 8,5 % des investissements publics, progression de 2 % des recettes budgétaires, réduction de 9,8 % des dépenses de personnel, sans remise en cause des recrutements prévus ni du fonctionnement normal de l'administration. Cette orientation traduit une volonté affirmée de privilégier les dépenses productives et les investissements structurants tout en poursuivant les efforts de rationalisation des charges de l'État.
Le social placé au premier rang des priorités
L'un des enseignements majeurs de ce collectif budgétaire réside dans l'importance accordée aux politiques sociales. Conformément aux engagements pris devant les populations, le gouvernement prévoit des financements supplémentaires destinés à améliorer directement les conditions de vie des citoyens. Parmi les mesures annoncées figurent le renforcement des programmes de nutrition pour les mille premiers jours de vie, l'accélération de la mise en œuvre de l'assurance maladie obligatoire, la prise en charge des enfants en situation de rue, l'assistance aux personnes en situation de mendicité, l'amélioration de l'accès à l'eau dans les établissements scolaires et sanitaires et le soutien accru aux cantines scolaires. Le gouvernement ne limite cependant pas son action au volet social. Face aux défis sécuritaires et aux exigences de modernisation des services publics, des ressources additionnelles seront consacrées au déploiement de systèmes de vidéoprotection dans plusieurs centres urbains. Dans le secteur agricole, considéré comme un levier essentiel de croissance et de résilience économique, l'État prévoit également de renforcer la subvention des intrants afin de protéger les producteurs contre les effets des tensions internationales sur les coûts de production. Cette mesure vise à préserver le pouvoir d'achat des ménages tout en garantissant la sécurité alimentaire nationale.
Au-delà des chiffres, cette loi de finances rectificative constitue un signal politique fort. Elle révèle les premiers marqueurs du mandat du Président Romuald WADAGNI : discipline budgétaire, investissement massif dans le capital humain, modernisation des infrastructures et soutien à la compétitivité économique. Le texte sera désormais soumis à l'examen de Assemblée Nationale du Bénin où les députés auront la responsabilité d'apprécier la pertinence des choix opérés.
Une chose apparaît déjà certaine : le nouveau pouvoir entend aller vite et donner à ses ambitions les moyens financiers nécessaires. Avec ce budget renforcé, l'Exécutif pose les fondations d'une gouvernance qui mise simultanément sur la croissance, l'efficacité de l'action publique et l'amélioration du bien-être des populations.
L.EBO