Cette décision du gouvernement est un rappel à la réglementation nationale et régionale.
En effet , le Bénin applique la réglementation du Comité Sahélien des Pesticides, CSP, en matière d’homologation des produits phytosanitaires. Seuls les pesticides évalués et inscrits sur la liste officielle peuvent être importés, vendus et utilisés sur le territoire national.Le gouvernement a également réaffirmé que tous les produits contrefaits, non homologués ou dont l’autorisation est expirée, sont interdits. Cette mesure concerne les importateurs, les distributeurs, les revendeurs ainsi que les producteurs agricoles.Selon le relevé du Conseil, l’objectif est de mettre fin à la circulation des produits illicites qui échappent aux contrôles de qualité et présentent des risques avérés.
Santé, sols et exportations : les trois enjeux.
Le gouvernement justifie ce rappel par trois raisons majeures :.les pesticides non autorisés contiennent souvent des molécules à forte toxicité, interdites dans plusieurs pays. Leur manipulation sans protection expose les agriculteurs à des intoxications aiguës. Les résidus retrouvés dans le maïs, les légumes, les fruits ou l’eau constituent également un danger pour les consommateurs.
Des produits mal formulés ou inadaptés aux cultures locales dégradent la structure du sol, détruisent la microfaune et réduisent les rendements sur le long terme. Le gouvernement entend ainsi protéger le capital foncier agricole du pays.
Sécuriser les marchés extérieurs.
Le Bénin exporte du coton, de l’anacarde, de l’ananas et des produits maraîchers. Les pays importateurs exigent des certificats attestant du respect des limites maximales de résidus. La présence de pesticides illicites peut entraîner le rejet de cargaisons, des pertes financières et une perte de crédibilité pour l’origine Bénin.
Des contrôles et des sanctions annoncés.
Le ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, celui du Commerce, le ministère de la Santé et le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique sont chargés de renforcer les contrôles aux frontières, dans les magasins d’intrants et sur les marchés.Les actions prévues portent sur le retrait immédiat des stocks illicites, la sensibilisation des producteurs sur les produits homologués et les bonnes pratiques d’utilisation, ainsi que l’application de sanctions contre les contrevenants, conformément à la législation en vigueur.Le gouvernement invite par ailleurs les agriculteurs à se fournir uniquement auprès des distributeurs agréés et à exiger la preuve d’homologation avant tout achat.
Une mesure à l’approche de la campagne 2026-2027
Ce rappel intervient à quelques semaines du démarrage effectif de la campagne agricole 2026-2027. Pour les autorités, il s’agit d’assainir le marché des intrants afin de démarrer la saison dans de meilleures conditions sanitaires et agronomiques. Avec cette décision, le gouvernement entend assainir la filière des intrants et garantir une agriculture plus sûre pour les producteurs et les consommateurs.
Ibourahim Abdou GIBRIL