Pour l’opposition et une partie de l’opinion, il s’agit d’un "recyclage" des mêmes figures politiques. Une lecture rejette le gouvernement. Pour Wilfried Léandre Houngbédji, ce choix est délibéré et stratégique. Il repose sur "l’expérience accumulée par ces anciens responsables constitue un atout pour la nouvelle chambre du Parlement"a-t-il affirmé.
Selon lui, le Sénat a une mission particulière : examiner, amender et apporter une seconde lecture aux lois. Il faut donc, dit-il, des personnes qui maîtrisent le fonctionnement de l’État et les grands dossiers nationaux.
Une chambre conçue pour la stabilité institutionnelle
Le porte-parole a insisté sur le rôle que doit jouer la nouvelle institution. Le Sénat n’est pas appelé à dupliquer l’Assemblée nationale, mais à jouer un rôle de conseil et de stabilisation.
Dans un contexte marqué par des réformes importantes et des défis sécuritaires, le pouvoir veut une chambre haute capable de prendre de la hauteur et d’apporter une expertise technique.
C’est dans cette logique que le gouvernement dit avoir privilégié des profils ayant une longue carrière au service de l’État.
Des critiques qui ne désarment pas
Malgré ces explications, les critiques persistent. Les détracteurs du gouvernement pointent un manque de renouvellement et le risque de voir le Sénat devenir une chambre de "sages" déconnectée des réalités du terrain.
Ils estiment aussi que cette composition ferme la porte aux jeunes et aux acteurs de la société civile qui auraient pu apporter un regard nouveau.
Pour le gouvernement, il est trop tôt pour juger. Il appelle à attendre les premiers travaux de la chambre pour mesurer son efficacité.
Le Sénat entre en fonction
Installé il y a quelques jours, le Sénat doit désormais entrer dans le vif du sujet. Les premiers projets de loi et le prochain budget seront ses premiers tests. En définitive, le gouvernement parie donc sur l’expérience pour donner du poids à la nouvelle institution dès sa création. Reste à savoir si ce pari sera validé par les Béninois et par les résultats du travail parlementaire.
Ibourahim Abdou GIBRIL