Créé en 2003, le C4 regroupe le Bénin, le Burkina Faso, le Mali et le Tchad, avec l’appui de la Côte d’Ivoire. Depuis plus de vingt ans, cette coalition défend les intérêts des producteurs africains de coton dans les négociations commerciales internationales, en particulier sur la question sensible des subventions agricoles accordées par certains pays développés et leurs effets sur la compétitivité du coton africain. La prise de coordination par le Bénin intervient dans un contexte où la filière cotonnière demeure un pilier essentiel des économies ouest-africaines. Dans les pays membres du C4, cette culture représente une source majeure de revenus pour des millions de producteurs ruraux et constitue un levier important de recettes d’exportation et de réduction de la pauvreté.
Au sein de l’OMC, le C4 s’est progressivement imposé comme un acteur incontournable des débats sur les déséquilibres du commerce mondial du coton. Le groupe milite pour une réduction significative des subventions qui faussent les règles du marché international et affaiblissent les producteurs africains. Au-delà des négociations commerciales, le C4 a également marqué des avancées diplomatiques notables, notamment l’adoption par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2021 de la Journée mondiale du coton, célébrée chaque 7 octobre. Cette initiative vise à valoriser le rôle économique, social et culturel du coton dans le monde et à renforcer la visibilité des pays producteurs africains. En assumant désormais la coordination du groupe, le Bénin hérite d’une responsabilité stratégique. Il lui reviendra de porter plus haut la voix des pays du C4, de renforcer leur influence dans les discussions multilatérales et de promouvoir des politiques favorisant une meilleure transformation locale du coton afin d’accroître la valeur ajoutée sur le continent. Cette nouvelle charge confirme également la position du Bénin parmi les acteurs majeurs de la filière cotonnière africaine, avec l’ambition de transformer cette performance agricole en levier diplomatique et économique au service du développement régional.
Cadnel ADEBAYO