Portée par le thème exigeant de la compétitivité et de la durabilité des systèmes de production, cette campagne s’annonce comme un tournant stratégique, avec en ligne de mire une transformation profonde des chaînes de valeur agricoles et une meilleure protection sociale des acteurs. En effet, le gouvernement affiche clairement ses intentions : produire plus, produire mieux et produire durablement. Les chiffres dévoilés traduisent cette volonté offensive. Les céréales devraient atteindre 3,4 millions de tonnes, soit une hausse de 16 % ; les racines et tubercules sont projetés à 9,46 millions de tonnes (+17 %) ; les légumineuses grimperaient à 1,322 million de tonnes, dont 770 000 tonnes de soja (+7 %) ; les légumes feuilles bondiraient de 46 %, tandis que les légumes fruits progresseraient de 12 %. Du côté des cultures industrielles, les projections confirment une dynamique soutenue : 700 000 tonnes de coton (+20 %) ; 500 000 tonnes d’ananas (+2,7 %) ; 250 000 tonnes d’anacarde (+12 %), filière particulièrement mise en avant cette année. La production animale suit également cette tendance haussière, avec des augmentations attendues de 8 % pour la viande, 14 % pour les œufs et 4 % pour les produits halieutiques.
Pour atteindre ces objectifs ambitieux, le gouvernement mise sur une combinaison de facteurs structurants : accès facilité aux intrants, diffusion de semences améliorées, mécanisation accrue, maîtrise de l’eau, renforcement du conseil agricole et amélioration de la gouvernance sectorielle. Autant de piliers qui traduisent une volonté claire : faire de l’agriculture béninoise un moteur de croissance robuste, capable de résister aux chocs climatiques et économiques.
Au nom des producteurs, Jean KPÉTÉRÉ a appelé à une responsabilité partagée pour faire de cette campagne un succès. Il a insisté sur la nécessité de consolider les acquis tout en innovant face aux nouveaux défis.De son côté, le Maire de N’Dali, Saka Méré DAOUDA, a salué le choix de sa commune pour accueillir cet événement majeur, rappelant que l’agriculture constitue le socle économique de plus de 80 % de la population locale. Moment fort de la cérémonie : la remise de contrats d’objectifs aux responsables des structures agricoles décentralisées, signe d’une gouvernance désormais orientée vers la performance et les résultats.
Par ailleurs, dans une dynamique de continuité, le département du Mono a été désigné pour abriter le lancement de la campagne agricole 2027-2028, confirmant la volonté de territorialiser davantage les politiques agricoles.
Avec cette campagne, le Bénin ne se contente plus d’accompagner son agriculture : il l’accélère, la modernise et la projette vers de nouveaux sommets. Entre ambitions chiffrées, réformes structurelles et mobilisation des acteurs, le pays s’engage résolument sur la voie d’une souveraineté alimentaire renforcée et d’un développement rural durable. Une chose est sûre : la bataille de la production est lancée, et le Bénin entend la gagner.
Grant-Aniel BOLARIAN