Ce projet marque une avancée majeure dans la lutte contre le paludisme, avec l’introduction de technologies de pointe, notamment l’utilisation de drones pour la pulvérisation de larvicides dans les zones à forte endémicité. Cette approche innovante vise à frapper le mal à la racine, en neutralisant les moustiques dans leurs gîtes larvaires, avant même leur stade adulte. Dans une dynamique de modernisation des stratégies de santé publique, le Bénin et le Japon unissent leurs efforts pour déployer une réponse intégrée combinant cartographie géospatiale, intelligence artificielle et technologies aériennes. Ces outils permettront d’identifier avec précision les zones à risque, d’améliorer la surveillance environnementale et de renforcer l’efficacité des interventions de lutte antivectorielle. Financé par le Japon à hauteur de 2,3 millions de dollars, le projet s’étend sur six communes pilotes : Copargo, Djougou, Tchaourou, Ouidah, Abomey-Calavi et Cotonou. Il intègre une approche multisectorielle combinant le contrôle des vecteurs, la vaccination et la mobilisation active des jeunes et des communautés locales.
Pour le Ministre de la Santé, cette initiative constitue un tournant stratégique dans la politique nationale de prévention. Il a souligné que le Bénin renforce ainsi son arsenal de lutte grâce à une approche intégrée et technologiquement avancée. Selon lui, le larvicide utilisé dans le cadre de cette campagne est homologué par l’Organisation mondiale de la Santé et sera appliqué dans le strict respect des normes de sécurité en vigueur. Il a également insisté sur l’apport décisif des drones, qui permettent désormais des interventions plus rapides, plus précises et plus efficaces, y compris dans les zones difficiles d’accès. De son côté, la Représentante adjointe de l’UNICEF au Bénin, Madame Aude RIGOT, a salué un projet qui conjugue innovation technologique et engagement communautaire. Elle a mis en avant le rôle central des jeunes, des relais communautaires et des leaders locaux dans la sensibilisation, le suivi des interventions et la promotion des comportements préventifs. Pour elle, c’est cette synergie entre innovation et participation citoyenne qui garantira l’impact durable de l’initiative. L’Ambassadeur du Japon près le Bénin a, pour sa part, rappelé que ce projet s’inscrit pleinement dans la vision nationale « Bénin 2060 Alafia, un monde de splendeurs ». Il a également souligné sa cohérence avec les engagements pris dans le cadre de la TICAD 9, qui met un accent particulier sur le renforcement des systèmes de santé en Afrique, notamment en matière de prévention, de préparation et de réponse aux menaces sanitaires.
Avec ce projet pilote, le Bénin franchit une nouvelle étape dans la modernisation de sa lutte contre le paludisme, en conjuguant innovation technologique, coopération internationale et mobilisation communautaire.
Jean DOSSOU