ATLAS DES METS ET ARTS CULINAIRES : L'ANSALB alerte sur les zones encore peu documentées

ATLAS DES METS ET ARTS CULINAIRES :

L'ANSALB alerte sur les zones encore peu documentées

(4.0)

L’Académie Nationale des Sciences, Arts et Lettres du Bénin (ANSALB) a engagé une nouvelle étape dans la documentation et la valorisation du patrimoine culinaire national. Un atelier de validation des résultats de la collecte documentaire des mets et recettes culinaires du Bénin s’est tenu les mardi 6 et mercredi 7 octobre 2026 à l’auditorium de l’Unité de Recherche sur les Maladies Transmissibles de l’École Polytechnique d’Abomey-Calavi (EPAC), en mode hybride, avec une participation en présentiel et en ligne.

Initiée par la Commission permanente Agriculture, Élevage, Pêche, Foresterie et Arboriculture (CAEPFA) de l’ANSALB, cette rencontre a réuni des membres de l’Académie, des chercheurs, experts, représentants d’institutions partenaires, acteurs culturels ainsi que des représentants des communautés, associations de cuisiniers et professionnels de la restauration. Elle intervient dans le cadre de l’Activité 1 du Projet Atlas des mets et arts culinaires du Bénin, dont l’ambition est de contribuer à une meilleure connaissance du patrimoine culinaire du pays. À l’ouverture des travaux, le Président de la Commission permanente CAEPFA a souligné la portée scientifique et patrimoniale de l’initiative. L’objectif, a-t-il indiqué, ne consiste pas uniquement à établir un inventaire des mets. Il s’agit également de contribuer à la connaissance, à la sauvegarde et à la transmission d’un patrimoine immatériel qui traduit la diversité des peuples, des territoires, de l’histoire et des savoir-faire du Bénin.

 

413 documents pour une première cartographie

 Les premiers résultats de la collecte documentaire témoignent de l’ampleur du travail déjà réalisé. Au total, 413 documents ont été recensés, permettant d’identifier 435 localisations, 348 mets, 143 ingrédients et 20 ustensiles. Ces données constituent une première base de travail pour la poursuite du projet et la construction de l’Atlas. Mais derrière ces chiffres se dessine également l’étendue du travail restant à accomplir. La documentation actuellement recensée ne couvre en effet que 16 des 77 communes du Bénin. Plusieurs territoires demeurent ainsi faiblement documentés, tandis que certaines composantes du patrimoine culinaire nécessitent des recherches plus approfondies. Le Président de la Commission a notamment cité les mets royaux et cultuels, les ustensiles ainsi que les savoir-faire transmis essentiellement par voie orale. Ces éléments, souvent conservés dans les communautés et transmis de génération en génération, échappent en partie aux sources documentaires classiques.

 

Du document aux savoirs des communautés

 L’atelier de validation constitue ainsi une étape déterminante dans la démarche engagée par l’ANSALB. Les participants ne sont pas appelés à valider mécaniquement les données recueillies, mais à les confronter aux connaissances détenues par les communautés et à l’expertise des acteurs de terrain. Il s’agit, au cours de ces deux journées, de corriger, compléter et enrichir les résultats de la collecte, mais également d’identifier les orientations nécessaires à la poursuite du projet. Cette démarche doit permettre de mieux cibler les territoires et les thématiques qui feront l’objet des prochaines investigations. Une attention particulière est également accordée aux conditions dans lesquelles devra être conduite la future enquête de terrain. Les savoirs culinaires ne se trouvent pas uniquement dans les livres, les archives ou les documents disponibles. Une partie importante de cette mémoire demeure conservée au sein des familles, des communautés, des palais, des couvents, des marchés et auprès des détenteurs de traditions. Cette réalité impose, selon le responsable de la Commission, une démarche qui associe rigueur scientifique et respect des communautés. La documentation du patrimoine doit ainsi tenir compte des règles, interdits et savoirs sensibles propres aux différents espaces culturels concernés.

 

Une feuille de route pour la deuxième phase

 Au-delà de la validation des résultats de la première activité, l’atelier doit permettre de dégager des conclusions consensuelles et de fixer les priorités de la suite du projet. L’enjeu est notamment d’aboutir à une feuille de route opérationnelle pour la deuxième phase de l’Atlas des mets et arts culinaires du Bénin. La démarche engagée par l’ANSALB entend ainsi dépasser le simple inventaire gastronomique pour inscrire les mets, recettes, ingrédients, ustensiles et savoir-faire dans une perspective de connaissance et de sauvegarde du patrimoine immatériel national.

 

Avec les données déjà collectées et les lacunes identifiées, la prochaine étape devra notamment permettre d’élargir la couverture territoriale et d’aller davantage à la rencontre des détenteurs de savoirs culinaires. L’Atlas se présente dès lors comme un projet appelé à documenter une mémoire encore largement vivante, dispersée dans les territoires et portée par des générations de praticiens et de détenteurs de traditions.

 

Tchékpémi Jacques AHOUANSOU

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Brice HAL

2 jours

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