Jusqu'à présent, la mesure de gratuité du second cycle du secondaire concernait essentiellement les communes les plus défavorisées du pays. Désormais, elle sera généralisée. « Jusqu'à mercredi dernier, il y avait une vingtaine de communes où nous avions commencé l'exonération des frais de scolarité pour les filles. Ce qui se fait maintenant, c'est étendre aux cinquante-quatre autres communes qui restaient la mesure de gratuité », a expliqué Wilfried Léandre HOUNGBÉDJI. Concrètement, dès la rentrée scolaire 2026-2027, aucune élève inscrite dans un établissement public ne paiera de frais de scolarité du secondaire. « À la rentrée scolaire 2026-2027, sur toute l'étendue du territoire national, plus aucune fille n'aura à payer de frais de scolarité pour aller à l'école publique », a précisé le Porte-parole du gouvernement. Le gouvernement rappelle que cette décision s'inscrit dans une politique progressive engagée depuis plusieurs années. L'enseignement primaire public est déjà gratuit conformément aux dispositions constitutionnelles. La gratuité du premier cycle du secondaire pour les filles, de la sixième à la troisième, avait également été instaurée auparavant. Avec cette nouvelle extension, l'ensemble du parcours secondaire est désormais couvert. « Cela veut dire concrètement que de la maternelle jusqu'en terminale, quand on est dans l'école publique, nos filles ne paient rien en matière de frais de scolarité », a affirmé le Ministre. « Que l'on soit multimillionnaire, milliardaire ou indigent, si notre enfant-fille va à l'école publique, elle ne paie pas de frais de scolarité », a-t-il insisté.
Au-delà de l'aspect financier, le gouvernement voit dans cette réforme un puissant instrument de transformation sociale. Selon Wilfried Léandre HOUNGBÉDJI, de nombreuses jeunes filles continuent encore aujourd'hui d'être victimes de discriminations liées aux difficultés économiques des familles. « Les parents ne doivent plus appliquer le droit de préférence au profit des garçons », a-t-il déclaré. Le Ministre a dénoncé une pratique encore observée dans certains foyers où les ressources disponibles servent prioritairement à scolariser les garçons tandis que les filles sont maintenues à domicile. « Je n'ai pas beaucoup de moyens, je vais donner priorité aux garçons », a-t-il illustré. Pour le gouvernement, cette situation favorise indirectement les mariages précoces et l'exclusion scolaire. « Nous enlevons tout alibi aux parents qui laissent les enfants-filles aller rejoindre le lit d'un homme alors qu'elles devraient être en classe », a affirmé le Porte-parole. Derrière cette réforme, l'Exécutif affiche une conviction forte : les filles disposent des mêmes capacités que les garçons et doivent bénéficier des mêmes opportunités. « Nos enfants-filles ont les mêmes potentialités que les garçons », a rappelé Wilfried Léandre HOUNGBÉDJI. Le Ministre a souligné que les femmes peuvent aujourd'hui accéder à toutes les responsabilités publiques. « Elles peuvent être présidentes de la République, ministres, directrices générales. Elles peuvent occuper toutes les fonctions que les hommes occupent », a-t-il déclaré.
Le gouvernement reconnaît toutefois que les frais de scolarité ne constituent pas le seul obstacle à l'éducation. Interpellé sur les difficultés alimentaires auxquelles sont confrontées certaines élèves, le ministre a rappelé les efforts déjà consentis dans plusieurs domaines. Il a notamment évoqué les transferts monétaires accordés à certaines catégories de jeunes filles ainsi que l'extension progressive des cantines scolaires. « Nous sommes passés d'à peine un milliard de francs investis dans les cantines scolaires en 2016 à plus de trente milliards de francs en 2026 », a indiqué le Porte-parole. Selon lui, près de 1,4 million d'enfants bénéficient aujourd'hui quotidiennement de ce programme alimentaire.
Le gouvernement ne cache pas son ambition d'aller encore plus loin à l'avenir. Wilfried Léandre HOUNGBÉDJI estime que l'amélioration progressive des finances publiques pourrait permettre d'étendre davantage les mécanismes de soutien à l'éducation. « Si le pays s'enrichit de plus en plus grâce à nos efforts à tous, nous arriverons peut-être dans quelques années à ce que même les fournitures scolaires soient disponibles dans les écoles », a-t-il déclaré. Il a également laissé entrevoir la possibilité d'une extension future de certaines mesures aux garçons. « Si demain nous arrivons à de meilleures fortunes en tant qu'État et que nous pouvons faire un effort supplémentaire pour que la mesure s'étende aux garçons, aucun gouvernement ne se retiendrait de le faire », a-t-il affirmé.
À travers cette généralisation de la gratuité du secondaire pour les filles, le gouvernement entend adresser un message clair aux familles béninoises. L'éducation des filles n'est plus seulement une question familiale ou communautaire ; elle devient une priorité nationale. Pour l'Exécutif, chaque jeune fille maintenue à l'école représente une chance supplémentaire pour le développement du pays. Et dans cette bataille pour l'égalité des chances, le gouvernement semble avoir choisi de faire de l'école l'un de ses principaux leviers d'action sociale.Le troisième reportage que je recommande de rédiger maintenant est celui sur l'Assurance Maladie Obligatoire et la construction d'un système national de protection sociale, qui constitue probablement la réforme structurelle la plus importante annoncée lors de cette conférence.
Tchékpémi Jacques AHOUANSOU