Dans ce contexte, la Plateforme des Promoteurs et Acteurs pour le Développement des Médias au Bénin (PADeM-Bénin) s’est exprimée sur les enjeux liés à cette évolution. Invité de l’émission L’INVITÉ DU JOUR sur la Webradio Crystal News, M. Ilarion KINGNON, a livré une analyse détaillée de la situation du secteur médiatique béninois. Pour le président de la PADeM-Bénin, la réhabilitation d’un Ministère spécifiquement dédié à la Communication constitue un repère institutionnel longtemps attendu par les professionnels du secteur. Il estime que l’absence de ce portefeuille avait contribué à affaiblir les mécanismes de dialogue entre l’État et les acteurs des médias. Selon lui, cette restructuration traduit une volonté politique de doter le secteur d’un cadre de gouvernance plus structuré, capable de répondre aux préoccupations liées au développement des médias et à leur encadrement institutionnel.
Interrogé sur la perception selon laquelle la création ou la réactivation de ce Ministère pourrait être interprétée comme un geste politique en faveur du secteur médiatique, Ilarion KINGNON a rejeté cette analyse. Il a estimé que les prises de position des organisations professionnelles en période électorale relèvent du devoir citoyen et non d’un positionnement partisan. Le responsable de la PADeM-Bénin a également mis en garde contre toute lecture réductrice des relations entre pouvoir politique et presse, appelant à distinguer les dynamiques institutionnelles des considérations conjoncturelles. Au cours de l’entretien, la question de l’aide publique à la presse et de l’indépendance des médias a été abordée. Ilarion KINGNON a rappelé que le soutien de l’État au secteur des médias constitue, selon lui, un mécanisme prévu par les textes et non une faveur discrétionnaire. Il a insisté sur la nécessité de préserver un équilibre entre accompagnement public et liberté éditoriale, soulignant que l’indépendance des médias dépend également de la rigueur professionnelle et de l’éthique des acteurs du secteur.
Au-delà des enjeux institutionnels, le président de la PADeM-Bénin a mis en lumière plusieurs difficultés structurelles auxquelles font face les entreprises de presse. Il a notamment évoqué les contraintes économiques, la faiblesse des mécanismes de financement, ainsi que les défis liés à l’environnement juridique et fiscal du secteur. Parmi les priorités identifiées figurent la mise en œuvre effective du Fonds d’Appui au Développement des Médias (FADEM), la réforme du régime fiscal applicable aux entreprises de presse, ainsi que l’adaptation du cadre juridique du numérique aux réalités du journalisme contemporain. Évoquant les risques liés à la régulation du secteur, Ilarion KINGNON a estimé que la question de la liberté de la presse ne dépend pas uniquement des institutions publiques, mais également de la responsabilité des professionnels eux-mêmes. Il a invité les acteurs des médias à un respect strict des règles d’éthique et de déontologie, soulignant que la crédibilité de la profession repose également sur la discipline interne et la qualité du traitement de l’information.
En un mot, il faut que souligner que la réintégration d’un Ministère dédié à la Communication ouvre ainsi une nouvelle phase dans l’organisation du secteur médiatique au Bénin. Pour les acteurs interrogés, cette évolution constitue à la fois une opportunité de restructuration institutionnelle et un test pour la consolidation d’un cadre de dialogue durable entre l’État et les professionnels des médias.
Grant-Aniel BOLARIAN