C’est dans l’élégant Dôme du Sofitel Marina que s’est ouverte cette rencontre de haut niveau, devenue au fil des années un cadre stratégique de réflexion et de concertation des grandes juridictions africaines francophones. L’événement, placé sous l’égide de la Cour Suprême du Bénin, a rassemblé présidents de Cours Suprêmes, Magistrats chevronnés, Universitaires et Partenaires institutionnels, dont l’Organisation Internationale de la Francophonie. À cette cérémonie d’ouverture marquée par une forte charge symbolique, la vice-présidente de la République, Mariam Chabi TALATA, représentait le chef de l’État, Patrice TALON, aux côtés de plusieurs responsables d’institutions de la République.
Dans son mot de bienvenue, le président de la Cour Suprême du Bénin, Victor Dassi ADOSSOU, également président du Bureau du Conseil d’Administration de l’AA-HJF, a rappelé la portée historique du lieu. Il a évoqué avec émotion la naissance de l’ancienne Association Ouest-Africaine des Hautes Juridictions Francophones en 1990, devenue en 2006 l’actuelle AA-HJF, lors des assises de Bamako. S’inscrivant dans un devoir de mémoire, il a salué les figures fondatrices de cette dynamique judiciaire continentale, parmi lesquelles Abraham ZINZINDOHOUÉ, initiateur du projet, Christine DESOUCHES, Noël GBAGUIDI et Robert DOSSOU. Autant de pionniers dont l’engagement a jeté les bases d’une coopération judiciaire aujourd’hui solidement enracinée. Le président ADOSSOU a également exprimé la reconnaissance de l’association au peuple béninois et au chef de l’État pour l’accueil des présentes assises, soulignant l’importance du soutien politique dans la consolidation des institutions judiciaires africaines.
Prenant la parole au nom de l’OIF, Passassim Atade NANGUIT a rappelé que, dans un contexte international marqué par la montée des tensions et des crises sécuritaires, la justice demeure l’un des derniers piliers de stabilité sociale. Il a réaffirmé l’engagement constant de l’institution francophone à soutenir les systèmes judiciaires africains dans leurs efforts de modernisation et de protection des droits humains. Dans son allocution officielle d’ouverture, la vice-présidente Mariam Chabi TALATA a livré un message fort. Elle a rappelé que les juges ne sont pas appelés à choisir entre la sécurité et les libertés fondamentales, mais à les articuler harmonieusement. Selon elle, cette conciliation constitue l’essence même de l’État de droit, particulièrement dans des contextes où la menace sécuritaire met parfois à l’épreuve les garanties démocratiques. Elle a salué la qualité scientifique et institutionnelle du colloque international prévu sur trois jours, formulant le vœu que les débats soient ouverts, féconds et porteurs de solutions concrètes pour une justice africaine plus efficace, souveraine et respectueuse des droits humains.
Au-delà du protocole, ces 21ᵉ Assises apparaissent comme un espace stratégique de réflexion sur l’avenir de la justice en Afrique, face aux défis contemporains : terrorisme, instabilité politique, pressions sécuritaires et exigences croissantes de protection des libertés fondamentales. Magistrats et experts sont appelés à dégager des pistes juridiques innovantes, capables de renforcer l’autorité de la justice tout en préservant les fondements démocratiques des États.
En réunissant à Cotonou les gardiens du droit africain autour de la délicate articulation entre sécurité et libertés, l’AA-HJF réaffirme une conviction essentielle : même dans la tourmente des crises, la justice demeure la boussole des nations et le socle d’une paix durable.
Cadnel ADEBAYO