Le 19 février 1990 marque une date emblématique dans l'histoire du Bénin : l'ouverture de la Conférence Nationale des Forces Vives de la Nation à Cotonou. Cet événement a réuni plus de 500 représentants de diverses sensibilités politiques, d'organisations syndicales et estudiantines, de la diaspora, ainsi que des confessions religieuses. Présidé par le président Mathieu Kérékou, ce rassemblement a jeté les bases d'une transition démocratique majeure après 17 ans d'un régime militaro-marxiste.
Un discours qui résonne
Le discours d'ouverture prononcé par Kérékou a suscité de vives réactions. Les participants, en grande partie désireux de mettre un terme à une époque difficile, ont accueilli les propos du président avec une certaine réserve. Sa déclaration sur la nécessité d'une charte pour guider les décisions de la conférence a déclenché une réaction immédiate dans une salle survoltée.
Les discussions qui ont suivi ont été marquées par des revendications insistantes pour affirmer la souveraineté de la conférence nationale et l'urgence d'une mise en œuvre immédiate des décisions adoptées. Ce climat de tension a illustré l'importance de l'événement : les représentants souhaitaient non seulement un changement de régime, mais aussi une redéfinition des valeurs démocratiques au Bénin.
Une souveraineté affirmée
Après 48 heures de débats passionnés et de concertations intenses, un moment symbolique a eu lieu : l'intonation de l'hymne national. Cela a marqué l'annonce de la souveraineté de la conférence et la reconnaissance officielle du caractère exécutoire de ses décisions. Cette proclamation a été un tournant significatif, renforçant l'idée que les décisions prises seraient appliquées immédiatement, tant pour le bien-être politique que social du pays.
Un bureau, dirigé par Mgr Isidore de Souza, a été installé pour superviser les travaux de la conférence. L'importance de ce leadership a été essentielle pour orchestrer les discussions et les décisions qui allaient transformer le paysage politique béninois.
Un tournant historique
La Conférence Nationale des Forces Vives de la Nation n'a pas simplement été un événement marquant de la décennie 1990, mais un catalyseur de changements profonds. Elle a conduit à l'adoption d’une nouvelle constitution et à l'instauration d’un système démocratique qui perdure encore aujourd'hui. Cet événement a permis d'affirmer les principes de liberté, de justice et de participation citoyenne.
En rétrospective, cette conférence a été bien plus qu'une simple assemblée : elle a symbolisé la quête pour la démocratie et le bonheur collectif du peuple béninois. En 36 ans, l'impact de ces jours cruciaux continue d'influencer la politique et la société, rappelant l'importance d'un dialogue inclusif et d'une gouvernance responsable.
Ainsi, la Conférence Nationale des Forces Vives de la Nation demeure une référence dans l'histoire du Bénin, illustrant le pouvoir du peuple à revendiquer et à construire son avenir.
Ibourahim Abdou Gibril