ENVIRONNEMENT / INONDATIONS DANS PLUSIEURS REGIONS DU PAYS.  Baptême de feu" des ministres Djibril Cissé et Georges Alè ?

ENVIRONNEMENT / INONDATIONS DANS PLUSIEURS REGIONS DU PAYS.

Baptême de feu" des ministres Djibril Cissé et Georges Alè ?

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Les eaux montent, et avec elles, la pression sur le gouvernement. Les fortes pluies de cette première semaine de juillet 2026 ont mis à nu la vulnérabilité de plusieurs régions du Bénin.  Pour Djibril Mama ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique, et  Georges Alè ministre du Cadre de Vie et des Transports,  fraîchement installés, c’est un baptême de feu. Au-delà de l’urgence, cette crise pose la question de fond : le Bénin est-il armé pour faire face à une pluviométrie de plus en plus erratique ?

Chaque année, l’hivernage fait des dégâts. Mais en 2026, l’ampleur et la rapidité de la montée des eaux dans l’Ouémé, le Mono, le Couffo et jusqu’à Abomey-Calavi interrogent.

Selon des spécialistes, deux facteurs expliquent cette aggravation.  

En premier le facteur climatique: les modèles prévoient des pluies plus intenses mais plus courtes. Résultat : les sols n’absorbent pas et les cours d’eau débordent vite.  

E t facteur humain: l’occupation anarchique des lits de rivières, le manque d’entretien des caniveaux et les constructions dans les zones basses transforment chaque forte pluie en inondation.

À Abomey-Calavi, Porto-Novo ou Malanville, ce ne sont plus seulement les villages riverains qui sont touchés. Ce sont désormais des quartiers entiers, des écoles et des marchés

La gestion d’une inondation ne relève pas d’un seul ministère. Et c’est là que se joue le test pour le duo Djibril Cissé Georges Alè

Le ministère de l’Intérieur gère le temps de la crise : alerte, évacuation, sécurité, recensement des sinistrés, coordination des préfets. C’est le visage visible de l’État sur le terrain. Le ministère du Cadre de Vie gère le temps d’avant et d’après : assainissement, drainage, entretien des infrastructures, prévention. C’est le visage de la résilience.

Leur descente conjointe du 03 juillet dans l’Ouémé montre une volonté de parler d’une seule voix. Mais sur le terrain, les moyens restent limités. Les sapeurs-pompiers manquent de vedettes et de motopompes. Les communes manquent de budget pour curer avant les pluies. La coordination entre l’alerte météo et l’action locale accuse encore des retards.

 

Huit consignes : de la communication à l’action

 

La publication de 8 consignes de sécurité par le gouvernement est nécessaire. Elle rassure et oriente. 

Mais l’analyse montre une limite : ces consignes s’adressent à des populations qui n’ont souvent pas d’alternative. "Ne pas habiter dans une zone inondable" est un bon conseil quand on a le choix du logement. "Éviter de jeter des ordures" l’est aussi quand la collecte des déchets est régulière. Le vrai défi n’est donc pas seulement de communiquer, mais de créer les conditions pour que ces consignes soient applicables. Cela passe par des relogements, des marchés de curage effectifs et une éducation de proximité.

 

Au-delà de l’urgence : le chantier de la résilience

 

Cette crise révèle 3 chantiers prioritaires pour les deux ministres :

- L’anticipation : Renforcer le système d’alerte précoce et le relier directement aux maires et aux chefs quartiers. L’information doit arriver 48h avant, pas pendant.-

- L’infrastructure : Accélérer les grands projets comme la phase 2 du PAPVS à Parakou, mais aussi lancer des chantiers similaires à Abomey-Calavi, Porto-Novo et Cotonou. 9,2 km de collecteurs ne suffiront pas. 

La gouvernance locale: Donner aux communes les moyens techniques et financiers de faire de la prévention. Sanctionner aussi les lotissements illégaux dans les zones à risque.

Le financement BOAD de 14 milliards pour Parakou montre que les bailleurs suivent. Il faut désormais dupliquer ce modèle et l’adapter aux spécificités de chaque bassin.

En perspective, le "baptême de feu" de Djibril Mama Cissé et Georges Alè ne s’arrêtera pas avec la décrue. Il marque le début d’un mandat placé sous le signe de l’adaptation au climat.

Le gouvernement a réagi vite. Il a communiqué. Il est allé sur le terrain. C’est la base.  

La prochaine étape sera de transformer cette gestion de crise en politique publique de résilience. Sinon, chaque hivernage sera un nouveau test, avec le même scénario.

Car au Bénin comme ailleurs en Afrique de l’Ouest, la question n’est plus de savoir _si_ il y aura des inondations, mais comment on s’y prépare. 

 

Ibourahim Abdou GIBRIL

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Brice HAL

2 jours

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