Le gouvernement et ses partenaires consacrent d’importantes ressources au développement du secteur agricole. Mais, pour le ministre, ces investissements doivent davantage se traduire dans le quotidien des acteurs à la base. L’approche annoncée entend ainsi intégrer plusieurs dimensions : économique, sociale, sanitaire et technologique. L’enjeu est notamment de faire de l’activité agricole une source de revenus permettant aux producteurs d’améliorer durablement leur niveau de vie et leurs conditions sociales. Cette orientation intervient alors que plusieurs contraintes continuent de peser sur les performances du secteur. La fertilité des sols, l’accès aux technologies, la disponibilité de l’eau et l’efficacité des mécanismes d’accompagnement figurent parmi les principaux fondamentaux à consolider.
Pour les sept prochaines années, le Ministère prévoit de réorganiser son intervention autour de programmes d’investissement par filière. Ces programmes doivent progressivement prendre le relais du Programme National de Développement des Filières (PNDF) et servir de cadre de référence pour l’action publique et les investissements. Le principe consiste à établir, pour chaque filière, un diagnostic des besoins, à identifier les insuffisances et à déterminer les interventions nécessaires, de la gouvernance à la production, en passant par la transformation et la commercialisation. Treize filières prioritaires sont ainsi en cours de définition. Le périmètre annoncé couvre notamment les productions végétales, l’élevage, la pêche, l’aquaculture et l’économie bleue. L’approche devra porter sur l’ensemble des chaînes de valeur, avec une attention particulière aux facteurs de production et à la transformation locale.
L’une des orientations mises en avant concerne l’industrialisation des facteurs de production. Le ministère envisage notamment le développement d’une véritable industrie semencière et la mise en place d’unités capables d’accompagner la mécanisation de l’agriculture. La question de l’eau figure également parmi les priorités. La maîtrise de l’eau dans les exploitations agricoles est présentée comme un levier destiné à renforcer durablement la production et à réduire certaines contraintes liées aux aléas de la disponibilité hydrique. Le foncier constitue également un paramètre à prendre en compte dans cette nouvelle approche. L’objectif affiché est de développer des solutions adaptées aux différentes contraintes qui conditionnent l’accès et l’exploitation des facteurs nécessaires à la production. Au-delà de l’augmentation des rendements, l’enjeu est de construire des chaînes de valeur capables de générer davantage de revenus pour les producteurs et de favoriser la transformation des productions sur le territoire national.
La nouvelle orientation présentée lors de la revue ne remet pas en cause les résultats enregistrés au cours des dernières années. Le ministre a reconnu les progrès réalisés dans le secteur agricole depuis 2016. Il estime toutefois que plusieurs bases doivent encore être renforcées pour permettre au secteur de franchir une nouvelle étape. La fertilité des sols, l’accès aux technologies et l’efficacité des dispositifs d’accompagnement des producteurs figurent notamment parmi les chantiers identifiés.
La revue de performance de la gestion 2025 aura ainsi permis de passer du bilan des actions réalisées à l’identification des priorités pour les prochaines années, avec une orientation annoncée autour de trois exigences : produire davantage, transformer davantage et améliorer les conditions de vie de ceux qui produisent.
Grant-Aniel BOLARIAN